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Miguel de Cervantès sous le prisme de ses œuvres

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"400 ans après sa mort, le célèbre écrivain Espagnol de Miguel de Cervantès continue de fasciner tant par son œuvre que par le personnage qu’il a été", se sont accordés à dire les différents chercheurs sur l’œuvre de Cervantès au cours de deux journées de débats et de réflexion qui se sont tenus à la bibliothèque nationale.

Captif, il l’a été cinq longues années. Alger cette ville du 16ème siècle où l’on perd sa liberté s’avère néanmoins une ville ouverte sur toutes les cultures. Et pour Cervantès ces années de captivité, aussi difficiles soient-elles, ont été d’un grand apport sur sa production littéraire et théâtrale.

Ce colloque, qui a vu la participation de spécialistes algériens et espagnols, s’est penché notamment sur les différentes biographies écrites sur Miguel de Cervantès. José Manuel Lucia Megias, chercheur Espagnol, a affirmé que "Cervantès ne nous donne pas un portrait de ce qu’il est réellement mais s’offre comme étant un personnage qu’il faut analyser".

Selon José Manuel Lucia Megias, la première biographie sur Cervantès remonte à 1737 écrite par Mayans Siscar. Cet auteur a tenté d’assoir les bases d’un portrait autobiographique seulement sur les 120 pages de ce livre 17 pages seulement sont consacrées à la personne qu’il était. Le reste sera consacré à valoriser Cervantès à travers ses œuvres, souligne-t-il.

Par ailleurs, il analysera l’œuvre "Don Quichotte", qu’il considère comme étant une satire morale sur laquelle se construit le nouveau roman moderne précisément avec les courants des écrivains anglais.

"Le travail de Mayens sur Cervantès deviendra une base documentaire pour les autres biographies. Elle sera traduite en plusieurs langues", confie José Manuel Lucia Megias.

Ce chercheur précise que si l’on étudie la vie de ce grand écrivain, on distinguera trois Cervantès : le jeune, le mature et un Cervantès qui vit dans sa plénitude qui correspond aux dernières années de sa vie, énumère-t-il

Cervantès le jeune n’avait pas d’éducation bourgeoise, mais il était inspiré pas un génie. Il n’a donc ni nom ni rang mais il doit se construire. Trois possibilités de carrière s’offre à lui : l’église, secrétaire des maisons immobilière (un profil demandé à l’époque), ou la carrière militaire qu’il va finalement choisir, détaille-t-il.

Vient ensuite la maturité de Cervantès qui va être marquée par la demande d’une faveur à l’administration de la monarchie Espagnole, pour obtenir un poste en Amérique car à cette époque l’Amérique est un vivier d’opportunité pour commencer une carrière prestigieuse.

Hélas, Cervantès n’obtiendra pas cette faveur. Il va simplement essayer de gagner sa vie en marchant sur les traces de son père et son grand père c'est-à-dire s’occuper des traités de négoces. Une nouvelle fonction qui va l’amener à Madrid.

À Madrid, il va commencer à écrire des pièces de théâtre, il apporte un nouveau modèle théâtral avec l’utilisation de la littérature comme instrument. Il connaitra un grand triomphe et une prospérité.

Vient enfin la période de la plénitude qui est, selon José Manuel Lucia Megias, la plus intéressante pour les historiens.

Une période qui marque les trois dernières années de sa vie et durant laquelle il va asseoir les bases pour construire un mythe. Son projet littéraire consiste à améliorer sa position en tant qu’écrivain.

"En 1614 il s’érige comme un grand poète narratif, en 1615 il se revendique comme étant un poète narratif en produisant beaucoup de comédie, enfin en 1615, il se remet à écrire comme un fou pour ce qu’il considère comme sa plus grande œuvre Persilès qui est la pierre de ce projet littéraire".

Ce projet littéraire deviendra pour les auteurs anglais du 18ème siècle un modèle d’écriture dans lequel ils ont trouvé une nouvelle forme narrative à savoir le satyre moral.

Enfin, de nombreuses zones d’ombre continuent de voiler la vie de Cervantès. Concernant ses années à Alger, celles-ci par contre ont été racontées par l’auteur lui-même. Il est néanmoins important de rappeler qu’une année après sa libération, Cervantès revient en Algérie, et a séjourné plusieurs semaines à Oran. Une mission secrète enveloppé d’un grand "mystère" pour les chercheurs, conclut José Manuel Lucia Megias.

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