Huffpost Maroc mg

Trois questions à l'ambassadeur de France au Maroc

Publication: Mis à jour:
GIRAULT
DR
Imprimer

RADICALISATION - Samedi 15 octobre, à Essaouira, s'est ouvert le 2e Forum méditerranéen des jeunes leaders, organisé par l'ambassade de France au Maroc. Pour sa première table ronde, le forum a donné la parole à plusieurs personnalités du monde politique, à des étudiants, à des enseignants, des journalistes et des acteurs associatifs, entre autres, pour tenter de répondre à la question: Comment remporter le combat contre la radicalisation? Nous en avons profité pour poser trois questions à Jean-François Girault, l'ambassadeur de France au Maroc.

HuffPost Maroc: Qu'avez vous pensé du débat sur la radicalisation, qui s'est tenu ce matin?

Jean-François Girault: Le débat était extrêmement riche, extrêmement franc, dense et libre, et c'est exactement ce que nous attendons de ce forum d'Essaouira. Essaouira, c'est un symbole international de la liberté, de la cohésion de toutes les idées, des hommes et des projets.

Et puis, c'est tout d'abord un forum de jeunes. Et les jeunes ne s'expriment pas dans un langage codé. Ils disent les choses telles qu'ils les ressentent, et c'est en cela que je trouve que le débat sur la question très sensible de la radicalisation a apporté ce que les organisateurs en attendaient.

Quel rôle joue le Maroc en matière de lutte contre le le terrorisme?

Le Maroc est un modèle. Le Maroc est une puissance d'entrainement et de conviction. Le discours de Sa Majesté le 20 aout dernier, qui a été salué par la presse internationale et par l'ensemble des leaders politiques, est venu montrer combien ce pays était à l'avant-garde de ce combat pour la tolérance.

Quand Sa Majesté a dit que nous sommes tous visés par le terrorisme, et qu'il a parlé des musulmans, des juifs, des chrétiens, le monde s'est retrouvé autour de ces idées et de ces valeurs. Le fait que ce soit un chef d'Etat musulman, reconnu et respecté qui le dise- il a été je remarque le seul à le dire avec cette force-, a été tout a fait salué. C'est pour cela que ce débat, aujourd'hui à Essaouira, est aussi un symbole.

Comment, à votre avis, doit être menée la lutte contre la radicalisation?

Le débat a été, justement, très intéressant ce matin parce que nous nous sommes posés plusieurs questions, notamment sur ce qu'il y a avant la radicalisation. Qu'est-ce qui conduit à cette dernière? Quel vide amène des jeunes et moins jeunes à subir la domination de ceux qui manipulent au profit d'une cause politique? C'est là le coeur du problème de nos sociétés.

Il était important que les jeunes qui étaient là expriment leurs ressentis, et que les philosophes et les hommes de presse parmi les panélistes fassent part de leurs réflexions.

Le terrorisme est un combat de très court terme dans sa manifestation, et un combat de très long terme pour amener nos sociétés à faire que des exclus, des gens qui viennent souvent du monde de la délinquance et qui n'ont qu'une très partielle de l'islam, ne se laissent pas complètement prendre par les filets de ceux qui, au nom d'un combat politique cynique et masqué, les amènent à commettre ces meurtres effroyables qu'on voit aujourd'hui en Europe, au Moyen-Orient et partout dans le monde.

LIRE AUSSI: