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Fuite de cerveaux: 10 psychiatres algériens s'installent chaque année à l'étranger

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BRAIN DRAIN
Metaphor of the brain drain. Rubber brain legs while running. | Antonio Gravante via Getty Images
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Dix psychiatres sur la centaine que forme l’université algérienne s’installent chaque année à l’étranger, a affirmé jeudi à Oran, le président de la Société algérienne de psychiatrie (SAP), le Pr Farid Kacha.

Interrogé en marge du 35ème Congrès franco-maghrébin de psychiatrie, ouvert jeudi à Oran, ce praticien a expliqué cette situation par le manque de psychiatres dans ces pays étrangers, ce qui facilite l’installation des praticiens algériens et leur accès sans difficulté à des postes de travail, comme c’est le cas en France.

D’autre part, ces départs sont motivés par des causes internes dues principalement à des "affectations pas toujours bien faites et une organisation de travail qui ne respecte pas l’utilité des jeunes psychiatres, ni leur formation", a expliqué le Pr Kacha.

Pour sa part, le Président de l’Association algérienne des psychiatres d’exercice privé (AAPEP), le Pr Farid Bouchene a indiqué que le nombre des psychiatres algériens établis en France est de l’ordre de 500 contre 550 praticiens libéraux versés dans cette spécialité exerçant à l’échelle nationale.

"Les départs à l’étranger ont nettement baissé par rapport aux années 1990 et 2000", a-t-il précisé ajoutant que la situation actuelle est bien loin des départs massifs enregistrés durant cette période.

Sur un autre volet, l’ancien directeur du Centre collaborateur avec l’OMS sur la santé mentale de Casablanca (Maroc), Driss Moussaoui, a précisé que des études menées, ces dernières années, dans différents pays maghrébins (Algérie, Maroc, Tunisie), ont montré que 20% des femmes qui accouchent sont touchées par des dépressions post-partum.

Pour lui, il est indispensable de mener des campagnes pour sensibiliser les femmes et leurs familles sur cette atteinte psychiatrique, souvent considérée comme "un caprice" et ses dangers sur la santé de la maman et de l’enfant.

Questionné sur l’évolution de la dépression nerveuse dans les sociétés maghrébines, le spécialiste a affirmé que celle-ci touche un quart de la population, ajoutant que son évolution est la même que dans le reste du monde.

Quelque 400 participants nationaux et étrangers ont pris part à cette 35ème édition du congrès franco-maghrébin de psychiatrie, l’assistance a été invitée à réfléchir sur ce qui doit être fait aujourd’hui pour construire la psychiatrie de demain, comme l’avait noté la présidente du congrès, la professeure Dalila Benmessaoud.

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