Huffpost Maroc mg

Le parlement s'ouvre aujourd'hui, Saâdeddine El Othmani pressenti pour présider la première chambre

Publication: Mis à jour:
PARLEMENT
Wikipedia
Imprimer

ÉLECTIONS - C'est ce vendredi après-midi que les 505 nouveaux parlementaires marocains feront leur rentrée, une semaine après les élections législatives du 7 octobre.

Les parlementaires sont attendus à partir 15 heures, le roi Mohammed VI vers 16h30. Le monarque livrera son traditionnel discours devant les membres des deux chambres du Parlement, qui sera retransmis sur les ondes de la radio et à la télévision à partir de 16h45.

Les députés et les députées devront porter l'habit traditionnel durant cette séance, conformément à l'article 4 du règlement intérieur de la Chambre des représentants.

81 femmes parlementaires, une première

C'est la première ouverture de session parlementaire qui se fera en application stricte de la Constitution de 2011. Nous assisterons pour la première fois à la rentrée simultanée des parlementaires des deux chambres, soit 505 parlementaires, dont 395 élus à la Chambre des représentants, et 110 à la Chambre des conseillers.

La nouvelle chambre basse du parlement comptera 21% de femmes, soit 81 au total. Additionnées aux 10 femmes élues à la chambre des Conseillers, le Maroc aura vu 97 femmes accéder à l'institution parlementaire cette année. Une première dans l'histoire politique du pays.

Le nouveau parlement issu des élections du 7 octobre - les deuxièmes après la Constitution de 2011 - aura à examiner et à adopter, en priorité, les projets de lois organiques relatives à la mise en oeuvre du caractère officiel de la langue amazighe, le Conseil national des langues et de la culture, le droit de grève, ou encore celle portant sur l'article 133 de la Constitution.

Deux problèmes se posent: "Dans un premier temps, la machine à légiférer sera totalement à l'arrêt, car la loi organique relative à l'action gouvernementale interdit à ce dernier de présenter des projets de loi durant les périodes creuses", indique une source au parlement. "Se pose aussi, avec acuité, la question du contrôle du gouvernement via les séances hebdomadaires de questions orales" durant cette période, ajoute notre interlocuteur.

Saâdeddine El Othmani, candidat du PJD pour le perchoir?

Selon nos informations, le président sortant de la Chambre des représentants Rachid Talbi Alami présentera probablement son bilan ce vendredi.

Pour lui succéder, les prétendants sont nombreux, motivés par les multiples avantages qu'offre ce poste hautement stratégique (un salaire et des indemnités confortables, l’immunité parlementaire...).

Selon une source autorisée, le nom qui circule le plus est celui de Saâdeddine Othmani, ex-ministre des Affaires étrangères et président du Conseil national du Parti de la justice et du développement (PJD), qui devrait en principe barrer la route au patron de l'Istiqlal Hamid Chabat qui souhaite, lui aussi, remporter la présidence de la première chambre.

Ce dernier avait déjà face à lui un autre ténor de l'Istiqlal, à savoir Noureddine Mediane, président du groupe parlementaire du parti, qui devrait en principe être reconduit pour cette législature. Le président de la Chambre des représentants est élu en début de législature, puis à la troisième année de celle-ci lors de la session d’avril et pour la période restant à courir de la législature.

Le mode d’élection du président de la première chambre fait partie des facteurs d’incertitude qui peuvent peser au moment du vote. Selon l’article 17 du règlement intérieur de la Chambre des représentants, le président est élu au scrutin secret à la majorité absolue des membres composant la Chambre au premier tour, et à la majorité relative au second tour. En cas d’égalité de suffrages, le moins âgé des candidats est élu, et en cas d’égalité des suffrages et de l’âge, il est procédé au tirage au sort.

Le vote à bulletin secret, que certains parlementaires ont demandé de remplacer par un vote à main levée, ne permet pas aux partis politiques de se prémunir contre coups bas et petites trahisons au moment du vote.

Les noms des présidents des groupes parlementaires devraient être rendus publics dans les prochains jours. Hormis Mediane à l'Istiqlal, Abdellatif Ouahbi est pressenti pour diriger le groupe parlementaire du PAM.

Le PPS privé de groupe parlementaire

La structure de la Chambre des représentants n'est pas encore connue. Les commissions ne sont pas encore formées, mais "tout cela va se préciser à partir de la semaine prochaine", estime notre source.

Le nouveau parlement sera aussi celui où seuls six partis politiques disposeront de groupes parlementaires. "Car la condition sine qua non pour la formation des groupes parlementaires est d'avoir au minimum 20 sièges. Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ne formera donc pas de groupe, mais un groupement parlementaire. La différence est que le premier a un représentant au niveau du bureau de la Chambre, ce qui n'est pas le cas pour le groupement, qui ne sera pas représenté dans le bureau de la Chambre et ne pourra pas présider une commission. La perte est colossale pour le PPS", décrypte notre source.

Avec 125 sièges, le Parti de la justice et du développement (PJD) est la première force politique à la Chambre des représentants. Le chef du gouvernement sortant et secrétaire général du PJD a été reconduit dans ses fonctions par le roi Mohammed VI, qui l'a chargé de former un nouveau gouvernement de coalition.

La Constitution ne fixe pas un délai pour la formation d'un nouveau gouvernement, mais les tractations du PJD avec les autres partis politiques pour former une coalition ont d'ores et déjà commencé.

LIRE AUSSI: Les principales leçons du scrutin du 7 octobre