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Quand la fondation allemande Heinrich Böll veut faire de l'écologie une priorité des programmes des partis politiques tunisiens

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La fondation allemande Heinrich Böll basée à Tunis depuis 2013, en partenariat avec l’association tunisienne Mourakiboun a présenté les 3 et 4 octobre 2016 son projet "Policies of future" lors d’une conférence de presse et ateliers, où les différents partis politiques et la société civile ont été conviés à échanger et se questionner sur une Tunisie plus écologique.

Heinrich Böll, connu pour son appartenance au parti vert allemand et partageant réformes politiques et visions vertes dans plus de 60 pays, se consacre à l’écologie, le développement durable, la démocratie, les droits de l’Homme et la justice. Le HuffPost Tunisie a rencontré Simon Ilse, coordinateur du projet au sein de Heinrich Böll Tunisia afin de détailler ce processus.

Impliquer les partis politiques

Ce programme a donc pour but de "proposer des pistes et réflexions afin de développer et élaborer une politique environnementale pour les prochaines années" indique Simon Ilse.

L’appellation "Policies" n’est pas un hasard puisque ce projet exprime "une volonté d’impliquer les partis politiques, et d’obtenir un positionnement sur des thématiques telles que les politiques énergétiques et la gouvernance des ressources naturelles" ajoute t-il.

Il s’agit d’une table ronde entre société civile et partis politiques, où la fondation allemande jouerait "un rôle d’intermédiaire et d’observateur quant aux propositions intégrées dans les programmes électoraux".

La tendance est au vert et la scène politique actuelle se révèle être prompte au changement et décidée à se pencher sur la protection de l’environnement et l’économie d’énergie.

"Sans compter que la gestion des déchets, la pollution et les maladies qui y sont reliées deviennent des sujets récurrents chez les citoyens tunisiens" exaspérés par un état des lieux en perdition rappelle M. Ilse.

L’élaboration d’un tel projet nécessite forcément un soutien financier et c’est là que la banque allemande pour le développement KfW intervient en tant qu’acteur de ce nouveau concept de "smart city".

"Des thématiques du futur" explique Simon Ilse, non pas uniquement pour la Tunisie mais parce que le développement de l’économie dans les limites planétaires existantes aujourd’hui et devant s’adapter aux changements climatiques concernent désormais tous les pays.

Une collaboration avec la société civile et les partis politiques que la fondation considère comme une "vraie force de proposition", mais surtout parce qu’elle ne souhaite pas se présenter comme donneuse de leçons avec des "concepts européens mais plutôt répondant aux attentes, et selon la vision des Tunisiens", affirme-t-il.

"Il question d’échange et c’est pourquoi une visite en Allemagne dans une municipalité qui gère de manière autonome son énergie est prévue à la fin de l’année", ajoute-t-il.

Vers une vision écologique globale?

Par ailleurs, M. Ilse, confirme qu’un sondage auprès d’un échantillon représentatif de la population tunisienne (1000 personnes) sera effectué et portera sur la perception et la vision de leur environnement. Les résultats seront transmis aux partis politiques afin qu’ils les adaptent à leurs programmes.

De plus, d’autres programmes élaborés parallèlement avec des ONG, portent sur la problématique de la gestion des déchets en Tunisie. En partenariat avec Tunisie Recyclage, Heinrich Böll Tunisia a lancé le programme "éco-citoyen du Kram " auprès de 25 écoles primaires, où des enfants de 8 à 10 ans ont bénéficié de formations sur le tri sélectif.

Différents programmes basés sur un principe de "transparence et de chiffres bien précis", se voulant être "le plus concret possible", déclare M. Ilse. Cette démarche ou plutôt marche vers un paysage plus vert repose sur la société civile, désireuse de changement et veillant à ce que les partis politiques impliqués s’engagent à respecter leurs promesses écologiques.

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