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Des salafistes ont manifesté pour la libération de l'une des présumées terroristes de la "cellule des femmes"

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TERRORISME - Lundi 3 octobre, le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) signait l’un de ses plus grands coups de filets en démantelant une cellule terroriste composée de dix femmes liées à Daech. Celles-ci s’activaient dans les villes de Kenitra, Tan-Tan, Sidi Slimane, Salé, Tanger, Oulad Teima, Zagora et Sidi Taibi, indiquait le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Une semaine plus tard, soit dimanche 9 octobre, des dizaines de personnes, dont la plupart appartiennent au courant salafiste, ont manifesté à Tanger pour la libération de Jamila Aït Chraâ, l’une des accusées.

Dans une vidéo publiée par la page Facebook “Jeune Tanger”, qui soutient la mouvance salafiste, la soeur de la présumée terroriste dénonce son arrestation. “Ma soeur n’a jamais envisagé les faits qu’on lui reproche. Elle ne sortait pas de la maison et se consacrait à sa prière et à sa religion”, scande-t-elle dans un microphone, entourée d’une dizaine de personnes.

Selon la soeur de celle qui est accusée d’avoir contribué à l’élaboration d’un attentat terroriste qui devait être exécuté le 7 octobre, jour des élections législatives, “son arrestation est tombée comme la foudre”. La jeune femme, voilée intégralement, accuse même les autorités “d’avoir kidnappé sa soeur sans preuves” et ne comprend pas comment “on peut accuser quelqu’un qui suit les préceptes de l’Islam de terrorisme”.

Dans les commentaires sur cette vidéo visionnée 79.000 fois en deux jours, les internautes se rangent clairement du côté de la présumée terroriste. Sauf qu’en réalité, la page Facebook “Jeune Tanger” censure les posts critiquant cette initiative, ou défendant la version des autorités. Elle garde pourtant des publications appelant à la violence.

Les mises en cause, parmi lesquelles figure Jamila Aït Chraâ, étaient en contact direct avec des éléments de l’unité de Daech, qui coordonne les “opérations extérieures”, selon les autorités. Certaines d’entre elles avaient même des liens familiaux avec des combattants marocains qui ont rallié l’organisation terroriste en Irak et en Syrie.

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