Huffpost Algeria mg

L'indépendance de l'ICANN ne fera pas disparaitre la censure sur le Net

Publication: Mis à jour:
ICANN
Participants take a break after the Internet Corporation for Assigned Names and Domain (ICANN) opening in Singapore meeting on March 24, 2014. ICANN on on March 24 kicked off a four-day meeting on the future of the web, after the US said it would hand over control of technical operations to international stakeholders. AFP PHOTO / ROSLAN RAHMAN (Photo credit should read ROSLAN RAHMAN/AFP/Getty Images) | ROSLAN RAHMAN via Getty Images
Imprimer

L’extraordinaire développement de l’industrie du numérique, un marché à très forte croissance, et ses effets d’entrainement sur l’économie mondiale, est porté par la convergence des technologies d’Internet, mobiles et fixes, vers un dispositif unique des TIC.

Cette avancée technologique est en train d’accélérer l’entrée en scène du processus de réformes des lois de la gouvernance de l’Internet. C’est ainsi que, depuis le 1er octobre 2016, l’entité responsable du système d’adressage et de nommage de l’Internet dans le monde, l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) a officiellement pris son indépendance vis-à-vis de l’administration américaine.

Elle est sortie du contrôle du Département du commerce extérieur américain pour devenir un organisme international autonome et à but non lucratif. En clair, l’administration nationale des télécommunications et de l’information des Etats-Unis, NTIA (National Telecommunications and Information Administration), l’agence qui conseille le président américain sur les politiques des télécommunications, a renoncé à son contrôle direct sur l’autorité de régulation de l’Internet l’ICANN.

Cette entité n’a plus la responsabilité de la surveillance des bases de données des codes et des numéros utilisés dans le routage du trafic Internet, et n’est plus apte à créer des noms de domaine dits de premier niveau comme le ".com" ou le ".dz".

Désormais, le non renouvellement du contrat liant l’ICANN au NTIA, baptisé JPA (Joint Project Agreement) et qui confère à l’administration US un droit de véto sur la gouvernance de l’Internet, donne le pouvoir de décision sur l’Internet de demain aux membres de l’ICANN, c’est-à-dire aux représentants des Etats, des entreprises et de la société civile des pays du monde entier. C’est une réforme historique dans la mesure où les responsables américains ont toujours cherchés à garder leur pouvoir de censure sur Internet. Il est à rappeler que c’est grâce au JPA que la Maison blanche a pu bloquer l’accès au site Wikileaks.

Aujourd’hui, l’ICANN qui a été créée par l’administration Clinton en 1998, est en voie de devenir un organisme privé, à travers lequel les fonctions de l’administration numérique du Net seront totalement privatisées et éloignées des couloirs de l’ONU. Certes, une telle décision diminuera la censure politique sur Internet mais ne la fera pas disparaitre, puisque des entreprises comme Apple, Facebook, Yahoo, Google, et d’autres poursuivront discrètement leur censure technique "politiquement correct" !

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.