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A la rencontre du guitariste Doueh, le Jimi Hendrix du Sahara

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MUSIQUE - Avec son livre Their Heads Are Green and Their Hands Are Blue, l'écrivain américain Paul Bowles faisait découvrir à son lectorat le Maroc, et plus particulièrement la ville de Tanger. Plus de 50 ans après la publication de ce recueil de voyage, le réalisateur Jay Bulger a décidé de se rendre au Maroc pour suivre les traces de Bowles et d'en tirer un documentaire qui sera diffusé dans des festivals l'année prochaine. Son but est de rencontrer différentes tribus marocaines, du Sahara jusqu'à la Méditerranée, pour se plonger dans leur culture musicale.

A Dakhla, il a rencontré le guitariste Doueh, leader du groupe du même nom qu'il a fondé avec des membres de sa famille. Pour l'occasion, le guitariste et producteur américain Matt Sweeney qui présente pour le site Vice la chronique Guitar Moves était du voyage.

Un boeuf improvisé dans les dunes de Dakhla

Dans cette vidéo de six minutes que vous pouvez retrouver ci-dessus, Doueh raconte à Matt Sweeney comment il a commencé à jouer de la guitare. Dans l'impossibilité de pouvoir trouver un instrument, il les fabriquait à l'époque lui-même en utilisant un bidon d'huile vide, une planche de bois et du fil de pêche. Et si Matt Sweeney et Doueh ne parlent pas le même langue, ils se comprennent à travers la musique comme le montre le petit boeuf musical qu'ils improvisent après avoir pris le thé dans la maison du guitariste marocain.

Une autre séquence montre le groupe de Doueh jouer en plein air, au sommet d'une dune de sable donnant sur l'océan. "Je ne cherche pas l'argent ou le succès. J'aime la musique plus que tout au monde, et je ne peux pas l'expliquer d'une autre façon", explique Doueh à ses invités.

"Le guitar hero du Sahara"

"On a commencé par la musique traditionnelle, mais on s’est rendu compte que le public aimait beaucoup les nouveaux instruments, alors on a intégré une guitare électrique en 1979", confiait-il en 2009 au site Cridem. "Le guitar hero du Sahara" a intégré dans son jeu des influences rock, folk, blues, utilisant parfois une pédale wah-wah à la Jimi Hendrix. Résultat: "Cette musique hassanie est mélangée à des éléments modernes pour toucher un public plus large, pas seulement arabe ou marocain".

Produit par le petit label américain Sublime Frequencies, "le guitariste joue une musique de transe électrique qui doit autant à la rudesse de son environnement qu’à Hendrix ou James Brown (dont il est fan). Jouée en groupe (avec deux choristes, dont sa femme, et un clavier), la musique de Doueh rappelle le désert-blues électrique de la famille Tinariwen", écrivait Les Inrocks en 2008.

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