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Béji Caïd Essebsi dans une interview à Al Qods Al Arabi: "Où est-il ce printemps arabe? C'est une invention européenne?"

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CAID ESSEBSI
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a accordé une interview au journal électronique Al Qods Al Arabi. Au cours de cet entretien, le chef de l’Etat est revenu sur l’actualité tunisienne et la condition du monde arabe.

L’expérience tunisienne est encourageante:

Questionné sur l’évolution de la période transitionnelle en Tunisie, Béji Caïd Essebsi a expliqué que, malgré toutes les difficultés survenues, l’expérience tunisienne est plutôt encourageante. "Grâce au profit consensuel des Tunisiens, nous avons réussi à instaurer de nouveaux principes qui demandent du temps pour nous y habituer vu que depuis les années 60, nous n’avions qu’un seul parti, un seul président et un seul avis. Aujourd’hui, nous vivons l’ère du pluralisme et cela prendra un peu de temps avant que tout le monde s’y habitue".

Le chef de l’Etat a fini par conclure que sans son Histoire et la force de ses femmes, la Tunisie n’aurait pas pu réussir à surmonter toutes les épreuves qu’elle a rencontrées.

Alliance Nidaa Tounes/Ennahdha: une obligation démocratique

Revenant sur l’alliance des mouvements de Nidaa Tounes et d’Ennahdha, Béji Caïd Essebsi a expliqué que, lors des élections législatives de 2014, le peuple n’a pas donné à Nidaa Tounes un nombre de voix qui lui laisse un positionnement assez confortable pour qu’il puisse gouverner comme il l’entendait.

"La participation du mouvement d’Ennahdha au sein du gouvernement a contribué dans la stabilisation du paysage politique tunisien. Toutefois, je demeure opposé à l’islam politique et le fait qu’Ennahdha ait opté – lors de son dixième congrès – de séparer le volet politique du volet religieux – démontre le progrès, que nous sommes en train d’évoluer".

Béji Caïd Essebsi est aussi revenu sur sa relation avec le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, en la qualifiant d’excellente.

La crise de Nidaa Tounes, une crise de leadership

En évoquant ce volet, Béji Caïd Essebsi a commencé par rappeler qu’il a fondé le mouvement, en 2012, dans le but d’apporter un équilibre au paysage politique. Exprimant le dérangement que lui procure cette crise, le chef de l’Etat a estimé que cette dernière est provoquée par une guerre de leadership et de positionnement. Et d’ajouter qu’en dépit de tous les appels qui lui ont été lancés pour qu’il intervienne dans la résolution de la crise, il a refusé de le faire par souci du respect de la Constitution.

Le monde arabe va mal

Au niveau international, Béji Caïd Essebsi a plutôt été direct en adressant des critiques très sévères contre la Ligue arabe qu’il a estimée "finie". Pour la question des pays ayant vécu le Printemps arabe, le président de la République a été ironique en déclarant que ce concept est "invention européenne": "j'ai été invité au G8 en 2014 (...) on m'a dit qu'il y avait un printemps arabe. Où est-il ce printemps arabe? C'est une invention européenne? (...) Alors je leur ai dit qu'il n'y avait pas de printemps arabe mais simplement un début de printemps tunisien(...)" affirmé Béji Caid Essebsi.

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