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Les Marocains nostalgiques des sacs plastiques?

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ENVIRONNEMENT - Trois mois après l'entrée en vigueur de la loi 77-15 portant interdiction de la fabrication, de l'importation, de l'exportation, de la commercialisation et de l'utilisation des sacs en matières plastiques et à la veille de la COP22 de Marrakech, les Marocains peinent toujours à tourner la page à "mika", qui semble résister encore sur le marché.

Les sacs plastiques ont placé le Maroc en tête des pays les plus consommateurs de ce couffin "nocif" à l’échelle planétaire avec des quantités incroyables. "Plus de 800 sachets par citoyen par an", selon la Coalition marocaine de la justice climatique (CMJC).

Hormis les grandes-surfaces et les franchises qui ont proposé des alternatives pour tous types de produits: barquettes pour fruits secs, épices et olives, papier cartonné pour pâtes, fruits et légumes, papier aluminium pour poissons, papier pour viande et barquettes alimentaires en polystyrène pour poulet, dont le prix oscille entre 1 et 5 dirhams, les marchés non-structurés pâtissent encore d’une situation anarchique.

Une simple promenade dans un marché populaire permet de constater l’usage par certains vendeurs de sacs plastiques, tandis que d’autres, moins nombreux, ont opté pour des alternatives.

La circulation des sacs plastiques se justifie, selon des vendeurs, notamment par la rareté et le coût cher des alternatives qui dépasse parfois le pouvoir d’achat de certains consommateurs d’une part, et par le non-épuisement du stock et l’informel, d’autre part.

Malgré la forte mobilisation, l’éradication n’a pas atteint les objectifs escomptés, faute de suivi et d’accompagnement, a déclaré à la MAP Abderrahim Ksiri, membre du secrétariat de la CMJC. D'après lui, certains industriels ont daigné "reprendre la production des sacs plastiques en violation des dispositions de la loi 77-15", outre la contrebande qu’il a qualifiée de "massive" en provenance d de Sebta et Melillia. Ce phénomène a également contribué au "maintien en vie des sacs plastiques, ce qui a permis à certains 'fraudeurs' d’inonder le marché marocain et de ressusciter les sacs plastiques".

"Les Marocains sont appelés à privilégier et à encourager les alternatives, en raison de leurs vertus écologiques et sanitaires", a martelé Abderrahim Ksiri, estimant que les prix des sacs plastiques sont en dégringolade. Certains acheteurs croient que les sacs plastiques qui leur sont remis sont "gratuits", alors que "leur prix est initialement indexé dans le produit vendu".

L’opération "Zéro Mika" est le fruit d'un long processus qui a débuté en 1997 et qui a été renforcé en 2009-2010 avec l’interdiction des sacs plastiques noirs, avant qu’il ne soit couronné par l’adoption de la loi 77-15 en juillet dernier.

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