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Antonio Guterres, futur SG de l'ONU: Bonne nouvelle pour le Maroc?

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GUTERRES MOHAMMED VI
French President Jacques Chirac (R) looks over the shoulder of King Mohammed VI of Morocco as they sit alongside Portugese Prime Minister Antonio Guterres during the opening of the first Africa - Europe summit in Cairo April 3. Egyptian President Hosni Mubarak opened the first Africa-Europe summit on Monday with a call for a radical solution to Africa's debt crisis, as African and European leaders set out conflicting agendas for the dialogue.JDP/AA | Reuters Photographer / Reuters
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NATIONS UNIES - Jeudi 6 octobre, le Portugais Antonio Guterres a obtenu le soutien unanime des 15 membres du Conseil de sécurité pour devenir le prochain secrétaire général des Nations unies. Sa désignation officielle devrait se faire dès cette semaine, lors d'un autre vote.

Dans les cercles diplomatiques marocains, l'élection du successeur de Ban Ki-moon est suivie avec une attention particulière. Il faut dire que ce poste est hautement stratégique pour le règlement du conflit du Sahara, alors même que la période de froid entre le SG de l'ONU sortant et le Maroc a beaucoup marqué les relations qu'entretiennent les deux parties.

La crise Maroc-ONU

En mars dernier, le Maroc avait exprimé son mécontentement en réaction à des propos de Ban Ki-moon qui avait utilisé le terme "occupation" pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale. Le royaume avait alors estimé que l'usage de ce terme constituait "une ineptie juridique et une erreur politique grave".

Quelques jours après, le gouvernement marocain avait alors annoncé l'adoption de "mesures immédiates" pour "une réduction significative, dans les jours qui viennent, d'une grande partie de la composante civile et plus particulièrement le segment politique de la MINURSO, l'annulation de la contribution volontaire qu'accorde le Maroc au fonctionnement de la MINURSO et l'examen des modalités de retrait des contingents marocains engagés dans les Opérations de Maintien de la Paix".

Depuis, le ton a baissé entre le Maroc et l'ONU, qui ont tourné la page à cette crise. En septembre dernier, le chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar avait indiqué que la MINURSO a retrouvé "la plénitude de ses fonctions".

Une bonne chose pour le Maroc?

Aujourd'hui, avec l'arrivée de Antonio Guterres au secrétariat général de l'ONU, les choses pourraient évaluer en faveur du Maroc, même s'il est encore trop tôt pour l'affirmer. Celui qui était anciennement Premier ministre du Portugal connait bien le royaume et le roi Mohammed VI. En 1999, Antonio Guterres s'était rendu en septembre, puis en octobre à Tanger pour rencontrer le jeune souverain.

Un an plus tôt, l'ancien Premier ministre Abderrahmane Youssoufi avait rencontré à deux reprises Guterres:

"Abderrahmane Youssoufi était heureux de se retrouver à nouveau au Portugal. De rencontrer son homologue également socialiste Antonio Guterres auquel il a rendu visite en mars dernier juste après sa nomination au poste de Premier ministre. Plusieurs visites de haut niveau ont eu lieu de part et d'autre au cours de cette année. Cela montre, si besoin est, la qualité des relations entre les deux pays. Youssoufi et Guterres ont affiché la complicité des grands amis, qui sont résolus d'attacher l'un à l'autre les destins de leurs pays respectifs", lit-on dans un article publié en novembre 1998 par Maroc Hebdo.

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Les deux pays entretiennent d'ailleurs toujours de bonnes relations. Fin juin dernier, le roi Mohammed VI avait, en effet, reçu le Président portugais Marcelo Duarte Rebelo de Sousa à qui il avait décerné le Wissam Mohammadi, la plus haute distinction du royaume. Le souverain marocain s'était lui aussi vu décerner le Grand collier de l’ordre de Santiago, la plus haute distinction portugaise, qui avait été déjà accordée à son père Hassan II.

Aussi, en 2014, lors de son mandat à la tête du HCR, Antonio Guterres avait notamment rendu un "hommage appuyé" au roi Mohammed VI après le lancement d'une nouvelle politique dans le domaine de la migration et de l’asile au royaume.

"Nous tenons à manifester notre appréciation des initiatives de SM le roi en matière de paix dans beaucoup d’endroits du monde qui ont une importance pour le HCR", avait-il déclaré lors d’une rencontre en 2014, avec la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Mbarka Bouaida.

Le responsable onusien s'était également félicité à l'époque de "la coopération très étroite, très positive et très constructive" du gouvernement du Maroc dans ce sens.

Réduction du nombre de réfugiés de Tindouf

C’est aussi sous Antonio Guterres que le HCR a connu l’"officialisation" du chiffre de 90.000 Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf au lieu des 160.000 avancés par la direction du Polisario et l’Algérie, comme le rappelle le site Yabiladi.com.

Cette réduction était intervenue après le rejet de l’Algérie de tous les appels de la communauté internationale, dont les cinq dernières résolutions du Conseil de sécurité d’autoriser le HCR à effectuer un recensement de la population dans les camps.

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