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Arwa Al-Ammari, la créatrice saoudienne qui bouscule les codes vestimentaires de son pays

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FÉMINISME - Pour les femmes saoudiennes, la créatrice Arwa Al-Ammari a conçu une nouvelle collection élégante de robes, manteaux, jupes et tops décorés de feuilles, fleurs et oiseaux, dévoilée lors de l'Arab Fashion week de Dubaï, le week-end du 8 octobre. Loin du stricte code vestimentaire qui leur impose d'être couverte, en public, de la tête aux pieds.

"Cette collection a été inspirée par la nature tropicale", souligne la styliste qui a été formée en Grande-Bretagne avant de lancer sa maison ArAm en 2013. Ses créations, qui mélangent tulle, jacquard et dentelle, sont généralement conservatrices avec des manches et des jupes longues. Mais pas uniquement, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus. "Je garde à l'esprit le besoin d'être internationale, tout en créant quelque chose de convenable pour la région", explique-t-elle. "Même dans l'espace privé, je préfère les manches longues car je les trouve plus élégantes".

Elle n'est pas la seule à vouloir habiller les femmes avec des tenues moins traditionnelles, et présentes à Dubaï. "Je veux voir les femmes porter nos vêtements, être indépendantes et parler librement." Leen Shieshakly, jeune styliste de 26 ans, revisite le jean avec sa mère, Suzan Farhoud. Samedi soir, elles présentaient leur nouvelle collection "Out of the Garden" à l'Arab Fashion Week de Dubaï, devant un public formé en majorité de femmes, certaines en jupe, d'autres en abaya, la tenue traditionnelle du Golfe.

"Briser les codes" de la mode arabe

Avec des mini-robes, des jeans moulants et des chemises transparentes, le tout émaillé de couleurs et de broderies, Leen Shieshakly et Suzan Farhoud affirment leur volonté de "briser les codes" de la mode arabe. Les deux femmes passionnées par le denim ont créé la griffe "Jeans Couture", la mère dessinant les modèles et la fille créant des sacs et dirigeant l'entreprise.

"Nous voulons que les Saoudiennes ne voient plus le jean comme un habit de tous les jours (...) mais qu'elles le portent même dans les occasions spéciales", explique à l'AFP Leen Shieshakly, qui a vécu aux Etats-Unis. Quant à Suzan Farhoud, dont la mère est allemande, elle cultive sa personnalité "moitié arabe, moitié occidentale" en cherchant à "mêler le moderne à l'élégant".

Les deux créatrices affirment que leurs créations sont bien reçues en Arabie saoudite. Les Saoudiennes aisées sont friandes de mode et s'habillent dernier cri dans l'espace privé.

Pour Caroline Rush, qui dirige la London Fashion Week, "la mode pudique est certainement quelque chose qui se développe dans le monde occidental", estime-t-elle. Cette observatrice avisée qualifie les collections des Saoudiennes de "très différentes en termes de style mais aussi de très ouvertes". "La puissance douce autour de l'innovation et en particulier de la mode est un message très fort sur la manière dont les cultures sont en train de changer". Car, selon elle, la mode est, mieux que les médias traditionnels, "un moyen fantastique" pour souligner cette évolution des moeurs.

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