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Youssef Chahed à Jeune Afrique: Il faut remettre en marche l'ascenseur social

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YOUSSEF CHAHED
Zoubeir Souissi / Reuters
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Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed est revenu dans une interview réalisée par Marwen Ben Yahmed et Frida Dahmani et accordée à Jeune Afrique sur le projet de son gouvernement pour sortir la Tunisie de la crise dans laquelle elle se trouve.

Un projet, 5 priorités

Le chef du gouvernement a affirmé avoir 5 priorités pour son projet gouvernemental à savoir la lutte contre le terrorisme, contre la corruption, l'équilibre budgétaire, la croissance, et la politique de la ville.

Cependant la principale priorité avancée par Youssef Chahed est la question de la confiance: "Il faut en finir avec le divorce entre la population et les gouvernants, qui a débuté bien avant la révolution", a-t-il affirmé.

Selon lui, le retour de la confiance suppose: "la restauration de la sécurité, le rétablissement de l’État de droit et l’impulsion d’une économie forte, inclusive, qui crée de l’emploi".

Pour ce faire, le chef du gouvernement préconise des mesures urgentes qui auront un effet sur le quotidien des citoyens.

Fin de la gestion des affaires courantes

Si ce discours se rapproche de celui de ses prédécesseurs, Youssef Chahed avoue que les événements n'ont pas aidé: Entre l'attentat à Kasserine et les différents mouvements sociaux, "durant ce premier mois de prise de fonctions, le gouvernement a paré au plus pressé", a-t-il indiqué.

Cependant, son gouvernement a réussi à établir "en un temps record", un plan d'action pour les 3 années à venir: "Nous avons un vrai projet et ne nous contenterons pas de gérer les urgences ou les affaires courantes", a-t-il répété.

Des réformes nécessaires

Durant son interview, Youssef Chahed revient sur la situation économique difficile que traverse le pays appelant à la nécessité d'instaurer des réformes, afin d'atteindre la croissance économique.

Pour le chef du gouvernement, atteindre la croissance ne doit pas être la préoccupation du gouvernement seulement, d'où la nécessité d'établir un pacte avec les partenaires sociaux.

Principales personnes visées par le chef du gouvernement, le patronat et les salariés qui chacun de leurs côtés doivent apporter leurs pierres à l'édifice: "L’effort demandé aux salariés est important, mais il permettra d’assainir les finances publiques" reconnait-il, et ce afin que les fonds soient alloués à des projets et à des créations d’emplois et non plus au budget de l'État.

Le dialogue mais aussi l'application de la loi

Face aux crises sociales que traverse le pays, Youssef Chahed rejette la solution sécuritaire et préfère l'instauration du dialogue:

"Le retour de l’État se fera progressivement. Il ne s’agit pas de recourir à la seule force,mais aussi au dialogue et à l’application stricte de la loi."

Remettre en marche l'ascenseur social

"La tâche de ce gouvernement sur les trois prochaines années consistera aussi à remettre en marche l’ascenseur social", a indiqué Youssef Chahed.

Selon lui, la Tunisie souffre d'un déficit d'image, plus marqué à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur d'où la nécessité de redonner la confiance aux citoyens tunisiens d'abord.

Pour ce faire, il faut remettre certaines valeurs au devant de la scène affirme le chef du gouvernement à l'instar du travail mais aussi et surtout à travers des actions visibles améliorant le quotidien des citoyens. Selon lui, la confiance et le travail seront les nouveaux carburants de l'ascenseur social.

Voisins, lutte contre le terrorisme et contrebande

Pour Youssef Chahed, la Tunisie a connu de grandes avancées en matière de lutte contre le terrorisme, permettant aujourd'hui d'adopter une stratégie d'anticipation: "Nous avons beaucoup investi en moyens humains et matériels, et le moral des troupes est bon. L’appareil sécuritaire est mieux équipé et plus efficient en matière d’anticipation".

Cependant, selon le chef du gouvernement, si le terrorisme est pour le moment maîtrisé, la situation dans les zones frontalières à la Libye et à l'Algérie est problématique au niveau économique, le développement de la contrebande dans ces zones coûtant cher à l'État.

Pour faire face à ce développement du commerce parallèle, il propose une double réponse à ce fléau: "répression et intégration".

Tunisia 2020 en point de mire

La conférence internationale sur l'investissement se déroulera le 29 et 30 novembre prochain.

Un rendez-vous majeur pour le chef du gouvernement afin de valoriser mettre en avant l'expérience tunisienne, a affirmé Youssef Chahed indiquant avoir mis en place les outils juridiques nécessaires à l'instar du Code de l'investissement en prévision de cet événement.

Si les investisseurs tunisiens peinent à investir en Tunisie, il affirme les avoir encouragés à le faire sans craintes, tout comme il encourage les investisseurs étrangers à venir en Tunisie: "Pour les investisseurs étrangers, la Tunisie présente des avantages compétitifs importants avec son positionnement géographique, une main-d’œuvre qualifiée et un ensemble de facilitations disponibles", rappelle-t-il.

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