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Des membres du bureau politique de l'USFP pour une alliance avec le PJD

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DRISS LACHGAR
Abdelouahed Radi (2-R), secretary general of Morocco's Socialist Party (USFP) listens to questions as party members Driss Lachgar (R) speaks and Fathallah Oualalou (L) looks on at the National council in Rabat on March 19, 2011. Radi spoke during a session regarding recent protests across the country. AFP PHOTO / ABDELHAK SENNA (Photo credit should read ABDELHAK SENNA/AFP/Getty Images) | ABDELHAK SENNA via Getty Images
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ÉLECTIONS - Au lendemain des élections législatives, qui ont vu un net recul électoral de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), une partie du bureau politique du parti de la rose propose l'idée d'une alliance avec le Parti de la justice et du développement, dans l'optique d'intégrer la prochaine majorité gouvernementale.

Partant du principe qu'il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, certains membres du bureau politique du parti ont plaidé pour une alliance avec le Parti de la justice et du développement. À en croire le site d'information Alaoual.com, il s'agit de Younes Moujahid, Abdelkrim Benatiq et Mohamed Darouich, qui ont tous trois pris contact avec le premier secrétaire de l'USFP Driss Lachgar pour l'en convaincre.

Une option à relativiser?

Selon les informations obtenues par le HuffPost Maroc, la décision ne suscite pas l'enthousiasme de tous les membres du bureau politique du parti. La crainte, pour les opposants à l'alliance avec le PJD, est que cette décision élargisse le hiatus entre la base militante et les instances dirigeantes, qui sont elles-mêmes divisées au sujet d'une éventuelle alliance avec le PJD. D'autant que la rivalité entre le PJD et l'USFP a la peau dure, et a marqué la trajectoire du parti durant les dix dernières années. Le poids des promoteurs de l'alliance PJD-USFP est, lui aussi, à relativiser: l'option d'intégrer la prochaine majorité gouvernementale se heurte à l'opposition de membres influents du bureau politique du parti, comme Habib El Malki.

Driss Lachgar, lui, pourrait se montrer enclin à accepter, sinon à approuver à demi-mot, cette alliance. Il y verrait une opportunité en or pour se maintenir à la tête du parti, après le krach électoral du 7 octobre, au lendemain duquel le parti de la rose n'a pu obtenir que 20 sièges, contre 42 en 2011. En l'absence de prise d'initiative pour sortir l'USFP de l'impasse, les faibles scores obtenus par sa formation peuvent le pousser démissionner du poste de premier secrétaire de l'USFP.

"Il y aura des choix à faire"

"Il y aura certainement des divergences sur ce point, et sur la question des alliances de manière générale", tempère une source au sein du bureau politique de l'USFP, contactée par le HuffPost Maroc. "Il y aura des choix à faire, et tous les scénarios seront posés et débattus", poursuit notre source, qui se dit préoccupée par "la situation actuelle du parti et son devenir. Nous avons perdu la bataille, et nous devons endosser la responsabilité de notre défaite, que nous avons, très objectivement, mérité". De ce fait, "toute prise de décision ne doit pas être décontextualisée de la situation actuelle du parti", ajoute notre source.

Ce lundi 10 octobre à partir de 17 heures, se tiendra une réunion du bureau politique de l'USFP. À l'ordre du jour, l'évaluation des résultats d'une part, l'actuelle configuration de la scène politique et des rapports de force partisans de l'autre. Au vu du contexte, il est possible que la question des alliances soit débattue.

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