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Des alliances incertaines: Le PJD finira-t-il par s'allier au PAM?

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POLITIQUE - Pour atteindre la majorité des 198 sièges, le PJD a besoin de 73 sièges. Mais le progression fulgurante du PAM, qui a décroché 102 sièges, au détriment des autres partis politiques (l'Istiqlal est loin derrière avec 46 sièges), complique la tâche au parti de Benkirane. Certes, il pourra compter sur le PPS qui a obtenu 12 sièges, et sur le MP, qui a décroché 27 sièges, mais cela reste insuffisant et les éventuelles alliances avec les autres partis restent incertaines.

L'UC, qui a remporté 19 sièges, pourrait jouer un rôle de parti d'appoint. En effet, après 18 ans dans l'opposition, l'Union constitutionnelle (UC) semble se confronter à l'usure de sa stratégie politique. Selon une source au parti, une volonté de sortir de l'opposition se fait jour, aujourd'hui, au sein de la formation politique dirigée par Mohamed Sajid.

Du côté de l'Istiqlal, le flou règne. L'inconstance de l'inénarrable Hamid Chabat, qui envoie tour à tour des signes de rapprochement et des signaux d'opposition, ne rassure pas le PJD. Le risque, pour le parti de la lampe, et que l'inconstance du secrétaire général de l'Istiqlal finisse par donner lieu à un retrait de l'Istiqlal du gouvernement, en cas d'alliance, comme ce fut le cas en 2013, ou sinon à des désaccords qui entraveront le travail gouvernemental.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui a obtenu 37 sièges, a mené clairement campagne sous le signe de la rupture avec le PJD, tout en défendant, par la même occasion, son bilan au gouvernement, que le parti de Salaheddine Mezouar considère comme spolié par le PJD. Mais toujours est-il que les sorties du président du parti, dans lesquelles il fustige le PJD, semblent s'inscrire dans une stratégie visant à être en position de force au moment de négocier une nouvelle alliance, et selon des sources au sein du parti, le RNI n'est pas fermé à l'idée d'une seconde alliance avec le PJD. D'ailleurs, le RNI, sachant qu'il s'apprête à mener d'âpres négociations avec le PJD, fait jouer son influence, et multipliera les sorties médiatiques dans les prochains jours, pour s'assurer de la possibilité d'arracher les portefeuilles stratégiques lors des négociations.

Si, à l'approche des élections, le Mouvement populaire (MP), qui a décroché 27 sièges, a pris ses distances avec le PJD, la distanciation du parti par rapport aux prises de position du PJD n'empêchera pas le MP de s'allier de nouveau au parti de la lampe, Mohand Laenser ayant clairement laissé entendre que son parti est ouvert à toute alliance.

Et si le PJD et le PAM scellaient une alliance? Si pour les secrétaires généraux du PJD et du PAM, une alliance entre les deux partis est "une ligne rouge à ne pas franchir", comme l'ont affirmé et réaffirmé Abdelilah Benkirane et Ilyas El Omari, dans les couloirs du PAM, il se dit que s'il y a nécessité d'une alliance PJD-PAM, le parti du tracteur serait prêt à la mener, pour "la stabilité de la nation", dit-on.