Huffpost Maroc mg

Les favoris du Nobel de la paix 2016 (et celui qui perdra à coup sûr)

Publication: Mis à jour:
NOBEL PAIX
Les favoris du Nobel de la paix 2016 | Avec AFP
Imprimer

INTERNATIONAL - D'une militante russe des droits de l'Homme aux artisans du deal nucléaire iranien, en passant par un électricien qui sauve les chats de Syrie sous les bombes, le champ des prétendants au Nobel de la paix est très large après le rejet de l'accord de paix en Colombie, jusqu'alors favori pour le prix décerné vendredi 7 octobre à Oslo.

Pour une fois qu'ils croyaient tenir une valeur sûre, les experts du Nobel ont en effet dû déchanter: le "non" des Colombiens à l'accord visant à clore un conflit de plus de 50 ans a fortement amenuisé les chances d'un Nobel au président Juan Manuel Santos et au leader de la guérilla marxiste des Farc Rodrigo Londoño (alias Timochenko) cette année.

Pour autant qu'il ait envisagé de primer la Colombie, le comité Nobel norvégien a vraisemblablement été obligé de se rabattre sur un plan B après la courte victoire du "non" au référendum dimanche, estiment maintenant ces spécialistes. Mais qui, parmi le record de 376 individus et organisations en lice?

Conforme au testament d'Alfred Nobel ?

Pour certains, la prestigieuse récompense pourrait désormais aller aux négociateurs de l'accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 pour rendre impossible la fabrication par Téhéran d'une bombe atomique en échange d'une levée progressive des sanctions.

"Comme l'accord a maintenant démontré qu'il fonctionne, cela pourrait être un solide candidat", estime Peter Wallensteen, professeur à l'université suédoise d'Uppsala.

Les noms des principales personnalités politiques derrière ce compromis -le chef de la diplomatie américaine John Kerry, son homologue iranien Javad Zarif et l'Européenne Federica Mogherini- sont évoqués, de même que ceux des négociateurs, l'Américain Ernest Moniz et l'Iranien Ali Akbar Salehi.

  • AFP/ Federica Mogherini, Javad Zarif et John Kerry avec le britannique Philip Hammond le 14 juillet 2015

Conforme au testament de son créateur, le Suédois Alfred Nobel, qui voulait notamment récompenser les efforts de désarmement, un tel prix permettrait de consolider l'accord avant l'arrivée à la Maison Blanche d'un(e) nouvel(le) occupant(e) peut-être moins bien disposé(e) envers l'Iran, note Kristian Berg Harpviken, directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo (Prio).

Le "courage exceptionnel" des "Casques blancs"

Parmi les autres favoris, la militante russe des droits de l'Homme Svetlana Gannouchkina, qui défend les droits des migrants et réfugiés, une question posée avec beaucoup d'acuité en Europe ces deux dernières années.

"Depuis que le déclin de la démocratie ouverte a été amorcé en Russie, en particulier avec le retour de Poutine à la présidence, il n'y a pas eu de prix Nobel de la paix projetant la lumière sur les évolutions" dans ce pays, fait valoir Kristian Berg Harpviken, une absence que l'Histoire risquerait un jour de juger sévèrement selon lui.

Parmi les autres noms évoqués figurent aussi les "Casques blancs" qui portent secours aux victimes de la guerre en Syrie. Ces Sauveteurs de la Défense civile en territoire rebelle ont déjà été récompensées fin septembre par le prix Right Livelihood, qui se veut un "Nobel alternatif" décerné chaque année par une fondation privée suédoise.

"Leur courage exceptionnel, leur compassion et leur engagement humanitaire afin de secourir les civils de la destruction causée par la guerre civile syrienne" a salué fondation, qui a couronné pour la première fois des Syriens. Une candidature qui rassemble aussi les soutiens de George Clooney, Ben Affleck, Daniel Craig, Susan Sarandon, Ridley Scott ou Alicia Keys, comme le montre une pétition récemment mise en ligne.

Tout le monde d'accord sur celui qui n'aura pas le Nobel

Parmi les 376 individus et organisations en lice cette année, ont retrouve aussi les habitants des îles grecques aidant les migrants, le docteur congolais Denis Mukwege qui soigne les femmes violées, une Yazidie ancienne esclave sexuelle du groupe jihadiste État islamique ou l'Américain Edward Snowden qui a révélé l'ampleur de la surveillance électronique par la NSA.

Mohammad Alaa, électricien d'Alep qui vient en aide aux victimes de bombardements comme aux chats abandonnés au milieu de la guerre grâce à son refuge "La maison d'Ernesto", lui aussi fait partie des prétendants.

L'ex-ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est également cité en tant qu'ex-président de la COP21 qui a débouché en décembre sur l'accord de Paris sur le climat, désormais tout près d'entrer en vigueur.

S'ils peinent à s'entendre sur l'identité du prochain lauréat au milieu de toutes ces candidatures, les pronostiqueurs s'entendent en revanche sur qui ne l'aura pas: le candidat républicain à l'élection présidentielle Donald Trump, proposé par un compatriote pour "son idéologie vigoureuse de paix par la force".

LIRE AUSSI: