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Pourquoi les élections se tiennent-elles vendredi?

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ELECTIONS MOROCCO
A man deposits his ballot paper after voting in Rabat, Morocco, Friday, Nov. 25, 2011. Moroccans voted for a new parliament Friday in Arab Spring-inspired elections that are facing a boycott by democracy campaigners who say the ruling monarchy isn't committed to real change. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar) | ASSOCIATED PRESS
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ÉLECTIONS - Jour ouvré dans la majorité des fonctions, férié dans certains corps de métiers, mais jour des scrutins, aussi. Depuis 1962, le vendredi est le jour privilégié des élections. Pourquoi?

Cité par Yabiladi, le politologue Mohamed Darif rapporte que "c'est Hassan II qui en a décidé ainsi depuis l’adoption de la première constitution en 1962". Le choix du vendredi n'était pas anodin: Confronté à l'Union nationale des forces populaires (UNFP), qui a activement fait campagne pour le boycott du référendum constitutionnel du 7 décembre 1962, Hassan II a souhaité faire jouer son autorité de chef religieux pour appeler les citoyens à voter pour la première Constitution du royaume, comme le rapportait Rémy Leveau, sous le pseudonyme de Paul Chambergeat. D'où le choix du vendredi, jour sacré pour musulmans.

Pour Najib Mouhtadi, professeur en sciences politiques, lui aussi cité par Yabiladi, vendredi est également synonyme de "jour de mobilisation. C’est le jour de la grande prière hebdomadaire, et il était plus facile de mobiliser les gens à l’époque".

La symbolique du jour

Ce choix du vendredi comme jour des scrutins s'est, par la suite, perpétué. Certes, il ne s'appuie sur aucun fondement juridique ou constitutionnel, mais est pleinement devenu une tradition... qui ne fait pas consensus. "Je n'ai jamais compris pourquoi on tient, coûte que coûte, à organiser des élections le vendredi", s'indigne un député d'un parti de l'opposition, qui juge ce choix "injustifié". "Dans les villes, les gens travaillent le vendredi, et il n'est pas évident qu'ils puissent se libérer pour aller voter", poursuit-il. Il propose que les élections "se tiennent dimanche, comme dans beaucoup d'autres pays".

La symbolique du jour a conduit à maintes reprises à des manifestations pour le moins déplacées de solidarité. Aumône du vendredi, couscous collectif, autant de traditions que des candidats peu scrupuleux instrumentalisent pour mobiliser un électorat, banalisant ainsi la corruption électorale.

De leur côté, certaines ONG appellent à maintenir le choix du vendredi, mais de faire du jour du scrutin un jour férié. Une opinion que récuse un membre du secrétariat général d'un parti de la majorité, qui estime que "les ONG voulant fériériser un jour ouvré pour les élections ne tiennent pas compte du coût économique d'un jour férié, ainsi que des blocages administratifs que cela peut engendrer".