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Pour cette campagne électorale, les partis ont (enfin) compris l'importance du web

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POLITIQUE - Fin septembre, les partis politiques lançaient leurs campagnes électorales respectives en prévision des législatives du 7 octobre. L'opération aurait pu être qualifiée des plus normales, mais c’était sans compter sur la médiatisation web assez inédite l’ayant accompagnée.

La communication politique sur les réseaux sociaux, les partis l’ont déjà expérimentée lors des dernières communales et régionales, à des échelles différentes. Leur nouveau cheval de bataille semble être la toile. Leur cible: 16 millions d’internautes marocains, dont 8,2 millions d’utilisateurs de Facebook (71%), où sont actives quelque 5,8 millions personnes âgées de 18 à 35 ans, des électeurs potentiels, selon une étude réalisée par la Compagnie méditerranéenne d'analyse et d'intelligence stratégique (CMAIS).

La campagne n’a jamais été aussi cross media que maintenant. La communication est devenue une question de proximité et d’instantanéité.

Le Parti de la justice et de développement (PJD), structurellement présent sur internet grâce à une "armée" de militants virtuels, est allé jusqu’à diffuser la cérémonie de lancement de sa campagne, en direct sur sa webTV et sur les réseaux sociaux.

Le PJD avait lancé, au cours de cette année, une station web radio, la première du genre au Maroc, avec une grille quotidienne diversifiée de programmes politiques, économiques, sociaux et culturels.

Fort d'un million de "likes" sur Facebook et de 80.000 abonnés sur Twitter, le PJD aurait déjà fait ses preuves lors des échéances précédentes. Ses points forts: un site assez dynamique, une présence active sur les réseaux sociaux, particulièrement Facebook, Twitter et Youtube, qui sont de véritables machines de communication, mais aussi des équipes de spécialistes d’image et d’infographie, qui ont réussi à vulgariser le bilan gouvernemental durant la campagne.

Son rival le plus redoutable sur la scène politique, l’est aussi sur le net. Le Parti authenticité et modernité (PAM) semble lui aussi avoir le pied à l’étrier. Fort de ses nouveaux services web: PAM TV et PAM Radio, le parti du tracteur peut se vanter d’un pôle numérique bien structuré qui confère un caractère institutionnel à sa présence sur la toile.

Le PAM, qui a développé une application d’actualité partisane pour iOS et Android, a la particularité d’être présent sur tous les réseaux sociaux, ce qui a insufflé un grand élan à sa campagne électorale de 2016, notamment avec l’accent particulier mis sur l’information régionale.

La prise de conscience de l’importance du digital est, en effet, palpable. Le parti a multiplié par 45 le nombre de "likes" (environ 500.000) en l’espace de moins d’un an (grâce en partie à une politique de sponsoring de masse). Il pâtit néanmoins de la baisse de dynamique hors périodes électorales, comme il a été relevé par l’étude de la CMAIS, réalisée depuis juillet 2015, selon quatre indicateurs: l'activité, l'interactivité, la viralité et la cible.

En 2016, tout comme le PAM, le Parti de l'Istiqlal (PI), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), le Mouvement populaire (MP), le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP) ont signé un développement notable en termes de représentativité sur les réseaux sociaux. Ces formations, notamment le PPS, enregistrent une forte activité durant les échéances électorales, mais avec une chute spectaculaire d’activité hors élections.

Le point commun de ces partis, c’est qu’ils ont tous repensé leurs plate-formes web pour donner plus d’attractivité et un meilleur rendement, comme ils ont lancé de nouveaux services d’information et de communication.

Ces percées peuvent être expliquées par une prise de conscience du rôle déterminant que peuvent jouer les réseaux sociaux dans la consolidation de la e-réputation et de l’influence virtuelle des partis sur un électorat de plus en plus important et qui pourrait peser dans la balance le jour du scrutin.

Les autres partis ne sont pas en reste. Mais si certains sont appelés à compenser leur part de présence dans les médias publics, il est clair que, paradoxalement, les "grandes" formations lui ont damé le pion sur ce front aussi. Certains partis sont même inaudibles sur les réseaux sociaux, une erreur fatale et incompréhensible, en ce temps où le virtuel est devenu un véritable vivier électoral.

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