Huffpost Maroc mg

Quelle place pour les femmes dans le scrutin du 7 octobre?

Publication: Mis à jour:
PARLEMENT
Quelle place pour les femmes dans le scrutin du 7 octobre? | DR
Imprimer

ÉLECTIONS - Les femmes marocaines participeront vendredi aux 2e élections législatives après l’adoption de la Constitution de 2011, dont l’article 19 stipule que "l'homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental " et suite à la mise en place d’un mécanisme de "discrimination positive" (listes nationales des femmes et des jeunes).

Les femmes avaient obtenu lors des dernières élections législatives 90 sièges marquant ainsi une nette amélioration au niveau de la représentativité dans une enceinte dominée jadis par les hommes. La présence des femmes aux dernières élections s’est, en effet, renforcée grâce aux nouvelles lois électorales qui ont réservé un "quota" pour la gente féminine. Le nombre de sièges occupés par des femmes est passé de 2 en 1993 à 35 en 2002 et 90 en 2011.

Les partis mettent en avant leurs "élites" féminines

Le scrutin du 7 octobre représente ainsi un véritable test de la volonté des partis politiques et du prochain gouvernement de donner plus de chances aux femmes pour participer à l'animation de la vie politique nationale et faire en sorte que la représentativité de la femme réponde aux revendications des mouvements féministes, à savoir l’objectif ultime d’équité. Après plusieurs semaines d’attente des heureux candidats portés aux listes nationales des jeunes (30) et des femmes (60), et ceux à la tête des listes locales, plusieurs formations politiques ont mis en avant leurs "élites" féminines.

Le Parti authenticité et modernité (PAM) a adopté un mécanisme de "discrimination positive" au niveau des deux listes, à savoir présenter 89 femmes dans sa liste de jeunes. Pour le secrétaire général du PAM, Ilyas El Omari, cette approche est "une victoire pour la femme marocaine et l’avenir du Maroc", estimant, lors d’une conférence de presse tenue à Casablanca quelques heures avant le début de la campagne électorale, que l’approche du genre est un facteur déterminant pour tester les valeurs de démocratie, de modernité et de développement.

Quant à la Fédération de la gauche démocratique (FGD), un rassemblement regroupant le Parti socialiste unifié, le parti de l’Avant-garde démocratique et socialiste et le Congrès national ittihadi, elle a présenté 108 femmes comme candidates à ces élections, dont la majorité sont des universitaires, selon le coordinateur de la fédération et secrétaire général du Congrès National Ittihadi, Abdessalam Laâziz. Parmi ces femmes, 60 ont été portées aux listes nationales des femmes (20 de chaque parti), dont la secrétaire général du PSU, Nabila Mounib, et 6 aux listes nationales des jeunes.

Quels sont les critères?

Pour sa part, le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a présenté 103 candidates à ce scrutin, et a adopté le principe d’équité au niveau de la liste nationale des jeunes.

Pour l’Union socialiste des forces populaires (USFP), 96 candidates vont participer à ces élections, dont 7 issues de la liste des jeunes, alors que le Parti de la justice et du développement (PJD) a présenté 89 candidates, dont quatre seulement issues de sa liste de jeunes. La question qui se pose porte sur le respect par les partis de critères transparents pour porter des candidates aux listes nationales des femmes.

Pour Karim Taji, responsable de la communication et membre du bureau politique du PPS, son parti a adopté des critères "précis pour choisir ses candidates et a même fait passer des entretiens tout en prenant en considération l’ancienneté de l'appartenance au parti, le niveau scolaire, la culture générale et la capacité à gérer les affaires publiques.

Quant à Fatima Tamni de la FGD, elle a indiqué que les candidates de la Fédération sont des "militantes distinguées ayant de hautes compétences", ajoutant, dans une déclaration à la MAP, que son parti ne se préoccupe pas du nombre de sièges mais plutôt du niveau de la représentativité. Les trois partis formant la fédération ont présenté chacun 20 militantes, a-t-elle dit. Pour le PJD, explique Boutaina Karrouri, le choix des candidats s’est fait sur la base de la "compétence".

Si certains se félicitent de la mise en place des listes nationales des jeunes et des femmes pour renforcer la présence féminine au parlement, d’autres voix s’élèvent pour dénoncer "des pratiques négatives" de certains partis politiques qui ont fait, selon eux, de ces listes un moyen "de rente politique".

LIRE AUSSI: