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Djezzy : Au-delà de la 4G+, il y a la construction d'un "écosystème digital"

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L’Algérie a rattrapé son retard en matière d’Internet mobile. Moins de trois ans après le lancement de la 3G, en décembre 2013, le pays s’ouvre désormais à la 4G. Deux opérateurs (Djezzy et Mobilis) ont déjà entamé la commercialisation de services de la 4G+ chacun dans ses trois wilayas obligatoires.

Djezzy prévoit un investissement lourd de un milliard de dollars sur les cinq années pour parachever son réseau de la 3G+, mais également celui de la 4G+. Selon ce qui a été annoncé dimanche dernier, lors de la conférence de presse de lancement de la 4G+, l’opérateur prévoit un taux de couverture de la population de l’ordre de 19 à 54% entre la première et la cinquième année du déploiement de son réseau de 4e génération. Avec la 4G+, les abonnés pourront donc disposer de vitesses de téléchargement pouvant atteindre jusqu’à 67 Mb/s. Mais au-delà de ce que cette technologie apporte en matière de fluidité de la navigation (jusqu’à 5 fois plus que la 3G+), son lancement doit être accompagné d’une stratégie de développement de services et de contenus algériens.

Outre la compétition dans les offres des opérateurs, c’est sur le terrain de la production de contenu et de la transformation numérique que la concurrence sera la plus bénéfique à l’Algérie. Djezzy a désormais annoncé la couleur en la matière.

Son directeur général, Thomas Herbert Gutjahr, nouvellement nommé à ce poste, a clairement annoncé que l’investissement de l’opérateur "ne se limite pas seulement aux offres commerciales que nous voulons de plus en plus proches des besoins et des attentes de nos clients".

Il s’agit pour Djezzy, a-t-il précisé lors de la conférence de presse de lancement de la 4G+, de "pouvoir offrir des services à valeur ajoutée et des opportunités d’emplois, de création, d’émancipation des compétences algériennes en matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que la formation des élites de demain". "Nous sommes en train de contribuer à la création d’un écosystème à travers l’encouragement des développeurs à lancer des applications afin d’avoir un contenu algérien", affirmait encore Gutjahr.

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Deux incubateurs de startups

Dans le cadre de son "objectif" d’aider à la "création de contenus numériques, de services à valeur ajoutée", Djezzy a annoncé le lancement de "deux incubateurs de startups" et a soutenir les "développeurs à créer des applications" pour offrir à ses abonnés "actuels et futurs", affirmait Vincenzo Nesci, président exécutif de l’opérateur. "A cette fin nous allons bientôt ouvrir un incubateur à l’ENP (Ecole nationale polytechnique, ndlr) et un deuxième à l’Académie Djezzy", tout en "restant ouverts" à "d’autres initiatives" dont Fikra, ajoute Nesci.

L’opérateur promet d’aller puiser dans le "potentiel extraordinaire en matière de compétences universitaires" de l’Algérie, pour mettre en forme ce qu’il appelle la "nouvelle configuration de la téléphonie mobile". "Chez Djezzy qui est en train de se transformer en vue de devenir l’opérateur digital de référence en Algérie, de nouveaux métiers sont en train de voir le jour, nous cherchons des profils nouveaux, des profils geek pour accompagner la nouvelle vague de la téléphonie mobile en Algérie". C’est dans ces nouveaux profils que l’opérateur entend poursuivre "sa politique de recrutements" en tenant compte des "nouveaux besoins de l’entreprise" et des "métiers nouveaux qu’elle est en train de créer".

Djezzy n’a pas encore dévoilé les détails du partenariat avec l’ENP, ainsi que sur l’Académie qu’il compte ouvrir "bientôt". L’on sait uniquement que l’annonce de l’incubateur de l’Ecole nationale polytechnique devrait avoir lieu au cours de ce mois.

Pour rappel, l’opérateur avait déjà initié, entre avril et mai 2016, le programme "Startup Toolbox", dans cinq wilayas de l’intérieur du pays. Animé par des conférenciers et des experts dans différents domaines, le programme avait pour objectif d’"aider les jeunes à façonner leur avenir par un accès plus important à l'éducation et à inspirer l'entrepreneuriat social, en particulier dans le domaine digital".

Les métiers de l’avenir

Le passage à la 4G a permis, là où cette technologie a été mise en œuvre, le développement de nombreux métiers et l’apparition de services et d’applications innovants. Les services qui ont accompagné le très haut débit mobile ont été profitables pas seulement au grand public, gros consommateur de data (streaming vidéo, musique online, jeux, applications), mais surtout aux entreprises plus intéressées par le big data pour développer leurs domaines d’affaires, et augmenter leurs ventes et leurs revenus.

La course engagée depuis peu dans les pays avancés est celui de l’Internet des Objets (IdO), un secteur qui attire de plus en plus d’entreprises et pour lequel certains gouvernements, comme celui la Chine, établissent des stratégies et encouragent le secteur manufacturier à lui consacrer une part de son investissement. Tous ces domaines, notamment les logiciels, les applications mobiles, et la publicité en ligne, ont pu connaître d’importants développements grâce à l’introduction de la 4G (envoi et réception de documents volumineux, échanges via Internet en temps réel…), en plus de l’aspect mobilité.

Autant de métiers, de secteurs et d’activités à développer, qu’il est désormais possible de développer en Algérie par un processus de création de startups, et d’encouragement des jeunes compétences nationales à développer des projets innovants. Une démarche qui ne devrait pas impliquer Djezzy uniquement, mais d’autres entreprises et d’autres secteurs, pour la mise en œuvre d’un "écosystème digital".

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