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Kitoko Saby, une tunisienne noire. Une "sous-citoyenne" pour les racistes

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RACISME
Brian Snyder / Reuters
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RACISME- Sabrine Ngoy est une citoyenne tunisienne, noire de peau, de quoi déranger certains racistes parmi ses compatriotes. Ayant fait les frais d'un racisme quotidien, la jeune femme livre un témoignage accablant via son compte Facebook:

"Je suis Sabrine NGOY, une fille Tunisienne noire.

N'ai-je pas le droit, de me promener dans les rues de mon pays, sans entendre des insultes à cause de la couleur de ma peau?
Je marche le long de l'avenue Habib BOURGUIBA avec Mon ami Youssef qui est "blanc".
En paix, ravis de se retrouver comme d'habitude. Une voiture passe près de nous et j'entends, sans se soucier de personne, à haute voix,une insulte à connotation sexuelle parce que je suis noire.
Mon ami décide de prendre le numéro de la voiture. Ils l'insultent. De suite Youssef réagit, voyant que les policiers ne sont pas loin. Alors,ceux qui se trouvent dans la voiture commencent à s'affoler et à nous insulter :
-Vous ne pouvez rien nous faire...Pute...Noire, et autres insultes.
Le conducteur descend de la voiture, pas en état de conduire, agressif, à notre poursuite, prétend qu'il a quelqu'un d'influent au service de la police.Nous arrivons jusqu'aux policiers et ces derniers l’arrêtent. Ses deux amis nous rejoignent et se mettent à nous menacer:
-Si vous portez plainte, vous aurez affaire à nous!
Tous au septième, les policiers font leur boulot et je dépose ma plainte pour agression verbale raciste.
J'ai eu comme question: Pourquoi tu tiens à cette plainte?
Ma réponse! Pour faire court, les insultes à cause de ma couleur, je les affronte matin, après-midi et soir, depuis mon plus jeune âge.
Aujourd'hui j'ai été agressée verbalement entre la grande horloge de l'avenue et la statut de Habib Bourguiba, j'aurais pu me faire agresser, loin des yeux, dans une rue sombre.Je ne suis pas un cas isolé, d'autres se font, quotidiennement, agresser à cause de leur couleur. Ces gens finissent par haïr leur pays et leur histoire à cause de ces agressions, répétitives, aux yeux de tous,
donc je me demande:
-N'ai-je pas le droit, de me promener dans les rues de mon pays, sans entendre des insultes à cause de la couleur de ma peau?
Jusqu'à quand les noirs tunisiens seront agressés partout ?
C'est mon droit d’être en paix dans mon pays , peu importe la différence".

Le racisme, jusqu'à quand?

Les faits-divers rappelant l'ancrage du racisme en Tunisie sont récurrents. À chaque fois, on dénonce sans arriver à endiguer le mal.

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Le mois de juin dernier, un collectif d'associations composé du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), le réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) et le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme (CRDHT) a proposé un projet de loi criminalisant toute forme de discrimination.

Des députés de la coalition gouvernementale à l'époque ont exprimé leur soutien et promis de porter le projet, qui doit être soumis en commission, avant son examen en plénière par le Parlement. Une promesse non encore concrétisée.

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À noter que ce projet de loi vise à offrir un cadre juridique protégeant, conformément aux conventions internationales, les personnes discriminées et à criminaliser toute pratique discriminatoire se basant sur la race, la religion, la nationalité, la couleur de la peau.

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"Leila Alaoui "BLADI BLADEK

"Bladi Bladek" réalisé par Leila Alaoui بلادي بلادك" من إخراج المرحومة ليلى علوي"#ما_وصيف_ما_عزي#nioussifniazi#باراكا_و_يزي#BARAKAetYEZZI#masmitich3azi#ما_سميتيش_عزّي#Bladi_Bladek

Posté par ‎ما_سميتش_عزي masmitich3azi#‎ sur mardi 22 mars 2016