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Nous étions au meeting de la FGD à Rabat (REPORTAGE)

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NABILA MOUNIB
Nabila Mounib accueillie comme une rock star à Rabat | Nabila Mounib/Facebook
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LÉGISLATIVES - Il est 17 heures 30, mardi 4 octobre, lorsque les sympathisants et autres militants de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) s’amassent par centaines au théâtre Allal Al Fassi, niché dans le haut Agdal, à Rabat. En cette fin d’après-midi ensoleillée, Nabila Mounib, la patronne de la FGD et son bras droit Omar Balafrej, sont attendus pour ce meeting politique, juste après une émission en direct à laquelle a participé la femme politique sur Hespress.

Une jeunesse engagée

Dehors, l’enthousiasme est palpable. “Je suis là parce que je souhaite voir ces gens au pouvoir dans quelques années, qu’ils participent au processus démocratique. Nous en avons marre de ce jeu de chaises politiques qui ne change jamais rien”, nous glisse un homme, la quarantaine, venu accompagné de sa fille. Un tour dans ce théâtre modeste de Rabat permet de relever que l’audience de Nabila Mounib est jeune. Elle est aussi engagée.

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“Nous ne sommes pas là parce qu’un parti nous a payés pour distribuer des tracts, nous sommes là parce que nous croyons au projet de la FGD”, nous explique un jeune militant, t-shirt FGD et livret du programme entre les mains. Un autre souligne que “ce meeting est la preuve que la FGD séduit aussi des sympathisants sur le terrain, et pas juste sur les réseaux sociaux”.

Deuxième cible de la campagne de la Fédération de la gauche démocratique? Les intellectuels, sans doute. Parmi les personnes présentes, des activistes, des militants des droits de l’Homme mais aussi quelques artistes indépendants. “J’ai vu des ex du 20-Février qui ont par la suite rejoint le PAM revenir à la FGD. Je suis content qu’ils soient revenus sur le droit chemin”, se réjouit un musicien sympathisant de la FGD. .

Accueillis comme des rock stars

“La FGD est la seule formation politique à être claire dans la revendication de la démocratisation, elle refuse l’hégémonie de la monarchie sur la scène politique et est porteuse de valeurs de progrès et d’équité sociale”, répond le secrétaire général de Transparency Maroc et militant pour les droits de l’Homme Fouad Abdelmoumni lorsqu’on lui demande les raisons de sa présence.

A 18 heures, la patronne de la FGD débarque, accompagnée de Omar Balafrej. Les deux sont accueillis comme des stars. Quelques minutes avant, les militants se sont alignés sur les marches menant vers la salle principale du théâtre pour accueillir comme il se doit celle qu’ils voient comme l’alternative pouvant accélérer le processus démocratique du Maroc.

nabila mounib

Très vite, les slogans de la gauche fusent. “Ni vendu ni acheté, je suis de gauche et j’ai la tête haute” ou encore “Une lettre de gauche, pas de makhzen ni d’arriérisme”, scandent les jeunes bénévoles de la FGD tout en accompagnant la secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU) jusque sur la scène du théâtre, où un orchestre joue des hymnes de gauche.

La femme politique semble émue, pose tout sourire avec les militants. Au théâtre Allal Al Fassi, l’excitation est à son comble. L’audience prend place, les plus chanceux ont trouvé un siège, le reste devra se contenter de rester debout dans les couloirs. Car le théâtre est archi-comble, au moins mille personnes ont fait le déplacement pour écouter celle qui promet “qu’un autre Maroc est possible”.

Sur scène, c’est Abdellah Hammoudi, anthropologue à l’université américaine de Princeton, au New Jersey, qui ouvre le bal. Celui qui a fait signer une pétition par une centaine d’acteurs de la société civile, des artistes et des intellectuels, appelant à voter pour Nabila Mounib, a expliqué les raisons qui ont motivé cette initiative, tout en appelant encore une fois à voter pour Nabila Mounib.

"L’élite politique ne s’intéresse qu’aux sujets marginaux"

Celle-ci, émue, a pris la parole pour le remercier, ainsi que les autres signataires, pour ce geste “qui signifie beaucoup pour elle”. Dans le hall du théâtre, et même dehors, des écrans ont été installés afin de permettre à ceux qui ne pouvaient accéder à la salle de visionner tout de même le discours.

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“Le Maroc a plus que jamais besoin de ses intellectuels”, a déclaré la militante de gauche, en expliquant que le changement peut être mené en donnant une place importante à la culture au Maroc.

Mounib a également rappelé le projet de société de son parti: davantage de culture et de respect pour les libertés individuelles et surtout “l’instauration d’une vraie monarchie parlementaire qui ne passera que par la révision de la Constitution”.

Car pour Mounib, ce projet “progressiste et audacieux” est un moyen sûr pour “assurer la sécurité des citoyens et la stabilité, tout en distribuant de manière équitable les richesses du pays et en ouvrant des perspectives d’espoir aux Marocains”.

Ce changement, il ne pourrait voir le jour, selon la patronne de la FGD, que si “l’on ressuscite la gauche et que l’on représente un front fort conduit par l’élite du pays, apte à assumer cette transition démocratique”.

“Nous continuerons à combattre le fassad (corruption, ndlr) avec le savoir et la connaissance”, a scandé Nabila Mounib devant une foule qui l’acclamait à chaque déclaration.

La secrétaire général du PSU a également exprimé sa volonté de "consacrer 1,5% du PIB pour la recherche scientifique et 1% pour l’art et la culture”. Un discours qui trouve un écho particulier auprès des acteurs culturels, venus nombreux pour l’acclamer.

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“L’élite politique ne s’intéresse qu’aux sujets marginaux et n’a pas le courage de mener une refonte politique structurante”, a déploré Omar Balafrej. Car selon l’actuel directeur du Technopark Casablanca et candidat de la FGD, “il y a de grands chantiers que l’Etat devrait lancer, et d’autres qu’il devrait poursuivre”. Sauf que “certains projets menés par l’Etat n’ont pas donné les résultats escomptés et il est grand temps d’évaluer leur efficience”.

“L’alternative est la Fédération de la gauche démocratique. Nous sommes aptes à mener ce pays vers le développement, en traitant avec sérieux les grands chantiers du Maroc”, a-t-il conclu.

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