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Qui est Antonio Guterres, le très probable prochain secrétaire général de l'ONU

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ANTONIO GUTERRES
UN High Commissioner for Refugees Antonio Guterres addresses the media during an informal meeting of EU Justice and Home Affairs ministers in Luxembourg on Thursday, July 9, 2015. EU ministers meet today and Friday to discuss the immigration policy. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert) | ASSOCIATED PRESS
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Durant le (long) processus d'élection du prochain secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a toujours été "l'homme à battre", selon un diplomate onusien. Désormais les jeux sont faits. Le Portugais a été adoubé au cours d'une réunion informelle, mercredi 5 octobre, par l'ensemble des ambassadeurs du Conseil de sécurité chargés d'élire le successeur de Ban Ki-moon. Son élection devrait être officiellement validée jeudi.

L'ancien Premier ministre socialiste du Portugal, en poste de 1995 à 2002, avait terminé en tête des cinq scrutins préliminaires déjà effectués. Aux deux tours précédents, 12 des 15 pays membres l'avaient "encouragé", deux l'avaient "découragé", émettant donc un vote défavorable, et un dernier était "sans opinion".

Réputé pour être un homme d'action, Antonio Guterres est un socialiste modéré, catholique et pro-européen. Ingénieur de formation né à Lisbonne le 30 avril 1949, il entame son parcours politique au sein des mouvements catholiques avant d'entrer au Parti socialiste portugais (PS), pour lequel il milite au lendemain de la Révolution des œillets de 1974, qui a mis fin à près de 50 ans de dictature.

"Avancer vers plus de démocratie"

En tant que Premier ministre, dès 1995, Antonio Guterres s'était déjà positionné sur le terrain international, comme le rapporte L'Express: il participe en 1996 à la création de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), et émet à cette occasion le souhait d'une refonte de l'ONU, "pour avancer vers plus de démocratie et une plus grande efficacité" de la communauté internationale, qui doit intensifier ses efforts dans la défense des droits humains et le maintien de la paix, selon lui.

Au milieu des années 1990, le Portugal connaît une période d'expansion accélérée et de quasi-plein emploi, qui permet à Antonio Guterres de créer le "revenu minimum garanti", une de ses mesures phare, et de faire passer dans l'opinion l'image d'un homme politique responsable et ouvert au dialogue. Cet Européen convaincu se fixe pour objectif prioritaire l'entrée dans l'euro, pari qu'il remporte avec succès.

Personnellement opposé à l'avortement, il organise tout de même en 1998 un référendum pour la libéralisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), finalement abandonné du fait d'une grande abstention. Ses détracteurs, notamment au sein du PS, lui reprochent cependant d'avoir contribué à la victoire du "non", car ce fervent catholique n'a jamais caché ses réticences à l'égard de l'IVG.

Il démissionne de son poste de Premier ministre et de Secrétaire général du PS en 2001 après un échec aux élections législatives, et alors que la conjoncture économique se dégrade.

Engagé à l'ONU pour la cause des réfugiés

À 67 ans, Antonio Guterres avait déjà fait forte impression lors d'auditions organisées ces derniers mois par l'Assemblée générale pour les candidats. "Il s'en est très bien tiré, confiait un diplomate du Conseil de sécurité au moment des premiers votes. Cela confirme sa performance dans les auditions". Il faut dire que l'homme, qui parle couramment anglais, français et espagnol, a fait ses preuves par le passé au sein des Nations unies.

À son poste de Haut commissaire aux réfugiés (2005-2015), il avait dû affronter la plus grave crise de migration en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Il a d'ailleurs déjà fait savoir qu'il souhaitait être une voix pour les opprimés s'il prenait le Secrétariat général de l'ONU.

"Je suis totalement engagé parce que je sais ce que j'ai ressenti à la tête du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pendant 10 ans", a-t-il dit lors d'un débat entre les candidats, organisés par le Guardian cet été. "Vous ne pouvez imaginer ce que c'est que de voir de tels niveaux de souffrance".

Le bilan de ses deux mandats à la tête du HCR est également marqué par une réforme de son organisation interne, qui a permis de réduire d'un tiers le personnel basé à Genève afin d'augmenter sa capacité d'intervention d'urgence à l'international.

Son élection reste surprenante en deux points: la Chine et la Russie avaient d'abord émis des réserves quant au choix d'un activiste proclamé pour occuper un poste clé à l'ONU. L'idée de placer une femme à ce poste, pour la première fois en 71 ans, avait aussi fait son chemin.

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