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Khalti Fatma "lfacteur", la légendaire Mama des enfants de Meftah (Baqalem)

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KHALTI FATMA
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A Meftah ou Baqalem, son nom revient régulièrement dans les discussions. Khalti Fatma, l’épouse du facteur est une légende. On l’appelait Fatma l’facteur tout court, une accoucheuse qui a fait naître plusieurs générations d'enfants avec une abnégation et un professionnalisme exemplaires.

Un post sur la page Facebook Meftah, ex Rivet a ravivé le souvenir de cette femme légendaire morte au début des années 90 et qui pour de très nombreux gens de Meftah a été une seconde mère, celle qui a assisté à leur premier cri.

Voici comment une citoyenne de Meftah en parle: “C’était un symbole de don de soi, de générosité, elle semait le Bonheur là où elle passait. Quand je l’ai connue dans le milieu des années soixante, elle était âgée d’une cinquantaine d’année et d’une beauté époustouflante. Haute de taille, toujours souriante, elle répondait présente à tous ceux qui avaient besoin d’elle, comme si elle était née pour servir les autres.

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Meftah

On frappait pratiquement chaque nuit à sa porte pour aller dans une maison ou une baraque dans la ville, dans la montagne et dans les champs éloignés pour aider une femme à accoucher. Cela se faisait souvent, en hiver, sous la pluie et le vent glacial. Les gens lui faisaient confiance et reconnaissaient son savoir-faire. Un médecin français qui officiait dans ce qui s’appelait Rivet avant l’indépendance a confirmé qu’elle était d’une grande compétence.

Khalti Fatma l’facteur est devenue la grand-mère de plusieurs générations de l’ancienne Baqalem, devenue Meftah, après l’indépendance. Elle avait poursuivi sa noble activité des années durant jusqu’à ce que les vicissitudes de l’âge pèsent sur le corps. Jamais elle ne fit de différence entre les gens qui avait besoin de ses services.

Tous étaient égaux et elle ne prenait rien en contrepartie de son travail assidu et fatiguant qui ne prend pas fin avec la naissance du bébé. Elle revenait le lendemain chargée d’un repas pour la maman et des habits pour le bébé. Ses visites ne s’arrêtaient qu’une fois la certitude que la mère et l’enfant sont hors de danger.

Sa maison était un centre de transit des cadeaux que lui faisaient les gens aisés et qui partaient directement vers les pauvres. Khalti Fatma ne gardait rien pour elle. Elle était riche de l’amour et du respect des gens et de la pension de retraite que lui a laissé son élégant mari, le facteur.

Quand Meftah l’accompagna à sa dernière demeure, nous fîmes aussi adieu à une Algérie de pureté, de bonté, d’abnégation et d’entraide. Elle est un symbole d’une Algérie généreuse, fertile et vertueuse. L’Algérie de la compassion dont les portes des maisons n’avaient pas de clés. Salut à toi, mère généreuse et aimante dans ce haut-lieu où tu trouves."

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