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COP22: L'agriculture africaine veut se faire entendre

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INITIATIVE TRIPLE A
COP22: L'agriculture africaine veut se faire entendre | Twitter/COP22
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CLIMAT - 27 pays ont adopté vendredi 30 septembre la "déclaration de Marrakech" pour soutenir l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture africaine (AAA) lancée par le Maroc qui organise en novembre la prochaine Conférence Climat.

Grand hôtel de la Palmeraie, dîner de gala, défilé de Mercedes rutilantes, armée de communicants et d’organisateurs, journalistes invités sénégalais, chinois, marocains, français…: mobilisation générale et grands moyens pendant deux jours à Marrakech pour défendre l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA).

Vers la COP22 et au-delà

L’objectif: faire entendre la voix de l’agriculture africaine lors de la COP22. Et obtenir une partie des milliards promis par les pays du Nord pour aider le Sud. Du Burundi au Sénégal, du Mali au Swaziland, les ministres ou représentants de 27 pays africains se sont retrouvés vendredi autour de la table, à l’invitation du Maroc, pour créer une coalition en faveur de l’initiative Triple A, initiative lancée en avril dernier par le Maroc.

Il s’agit d’une "grande alliance pour faire valoir les intérêts de l’agriculture africaine pendant la COP22 et au delà", a résumé Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture jeudi en ouverture de la rencontre.

L’idée est née d’un constat: les agricultures africaines, particulièrement vulnérables face aux changements climatiques mais aussi porteuses de solutions, ne sont pas assez prises en considération dans les négociations internationales et dans la distribution des fonds climat.

Négociations et solutions

Il s’agit donc d’agir sur deux volets: celui des négociations d’abord, en mettant en avant la question de l’adaptation de l’agriculture africaine pendant les COP et lors de la répartition des fonds et le volet des solutions pour promouvoir des projets concrets. "La COP 22 doit être celle de l’Afrique et de l’action", a répété son président Salaheddine Mezouar en rappelant les enjeux liés aux questions agricoles, "des enjeux considérables de développement économique du continent africain, de coopération Sud-Sud, de sécurité alimentaire".

Les arguments ne manquent pas pour mettre en avant l’Afrique en générale et son agriculture en particulier - ils ont été répétés pendant deux jours: le continent africain n’est responsable que de 4% des émissions mondiales de gaz à effets de serre mais est frappé de plein fouet par les conséquences du réchauffement climatique.

L’agriculture africaine est vitale pour l’emploi (entre un tiers et un quart des emplois selon les pays) et la sécurité alimentaire (il faudrait tripler la productivité à l’horizon 2050 pour nourrir une population qui devrait doubler) mais particulièrement vulnérable face aux changements climatiques. Exemple: en 2025 les deux tiers des terres arables pourraient être perdues et en 2050 les rendements agricoles pourraient baisser de 20%. Il ne s’agit pas pour autant de multiplier les constats catastrophistes mais d’insister au contraire sur les solutions.

Livre blanc pour projets verts

"Dotée de moyens adéquats, l’Afrique est capable non seulement de s’adapter aux changements climatiques mais également de répondre aux défis de productivité et de développement durable" assurent les membres du Comité scientifique de l’Initiative AAA qui on rassemblé dans un Livre blanc un ensemble de solutions en matière de gestion des sols, de maîtrise de l’eau et de gestion des risques climatiques.

"Il y a déjà des actions mises en oeuvre sur le continent, insiste Seyni Nafo, le président du groupe des négociateurs de l’Afrique sur le Climat, des pratiques ancestrales comme des pratiques innovantes. Les choses bougent, les solutions existent, les ressources existent! L’initiative Triple A peut et doit aider à mettre tout ça ensemble, à créer des synergies, de la complémentarité et surtout à passer à l’échelle supérieure".

Lors des sessions scientifiques jeudi, plusieurs exemples ont été donnés: en Côte d’Ivoire, des programmes de reforestation des surfaces consacrées au cacao; au Maroc, les mesures d’économie d’eau; au Mali, une meilleure utilisation des engrais sous forme de briquettes dans les rizières.

Les solutions sont là. Les financements aussi: les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique. Reste à les attirer sur le continent africain qui ne reçoit aujourd’hui que 5% des fonds climat: ce sera un enjeu majeur en novembre à Marrakech.

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