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Ali Haddad dit l'impatience du Forum des Chefs d'Entreprise (FCE) et demande de "l'audace" au gouvernement

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ALI HADDAD
Algerian businessman Ali Haddad is CEO of Enterprise road works, hydraulic and buildings (ETRHB Haddad Group). He is head of the Forum of Heads of Enterprises (CFE) since 27 November 2014 and owner of the Algerian football club USM Alger, and two newspapers, The Times eldjazair Wakt and Algeria, and private channel Dzair TV and dzair news. ALGERIA, ALGIERS, on November 5, 2015 (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto) (Photo by NurPhoto/NurPhoto via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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Un peu d'audace, monsieur le Premier ministre ! Le Forum des chefs d'entreprises (FCE) s'impatiente. Son président, Ali Haddad, a appelé mercredi le gouvernement à mettre "en œuvre des réformes profondes et courageuses", estimant que la dynamique de développement de l'économie algérienne "peine à émerger", malgré de "nombreux acquis".

Ali Haddad a dressé un constat alarmiste de la situation de l'économie algérienne. Il estime que le pays est proie à une "crise multidimensionnelle", qui touche non seulement les finances mais le système économique dans son intégralité, dont ses finances et ses structures.

Lors de son intervention à l’ouverture de la 2ème édition de l’université d’été du FCE, le président du patronat a affirmé que la crise financière que subit l'Algérie n'est pas une crise conjoncturelle, liée à la chute des prix du baril, rapportait jeudi le site d'information Maghreb Emergent. Ali Haddad explique que cette peine de l'économie à émerger, "malgré de nombreux acquis en matière d’infrastructures de base et pouvoir d’achat", est plutôt le symptôme d'une crise carrément "structurelle".

Il a, dans ce sens, appelé le chef du gouvernement Abdelmalek Sellal à plus "d'audace" dans la mise en oeuvre des réformes.

"Nous avons fait une multitude de propositions pour remédier à la crise multidimensionnelle qui frappe notre pays. Mais nous estimons qu’il est temps de mettre en œuvre des réformes profondes et courageuses, qui changeraient notre économie", a-t-il déclaré mercredi.

Le président du FCE a conditionné même le soutien du patronat au gouvernement, dont les "objectifs sont peu clairs", à l'engagement "de réformes structurelles profondes", selon la même source.

"Nous soutenons la démarche du gouvernement pour le rétablissement des équilibres budgétaires et financiers. Construire l’avenir d’une nation peut se faire dans la douleur et après d’innombrables sacrifices mais je reste persuadé que la situation sera pire si nous ne tentons rien et maintenons le statu quo", a-t-il averti.

Faire de l'Algérie "une puissance régionale"

Ali Haddad a estimé que cette démarche passe déjà par le "maintien des investissements". Il a ajouté que le nouveau code des Investissements et les autres décisions relatives à l’assouplissement des procédures en matière l’exportation sont autant de mesures qui confortent la décision de créer un nouveau modèle économique".

Il est nécessaire, pour réussir cette mission, "d’approfondir les réformes, de maitriser les comptes publics, de combattre la bureaucratie et de lever l’ensemble des entraves à la liberté d’entreprendre", a-t-il rajouté.

Dans ce sens, il a prôné le recours à la jeunesse algérienne, "un réservoir d’énergie" à faire adhérer dans le processus d’émergence économique.

M. Haddad a aussi proposé au gouvernement de se doter d'un outil et d'une méthode de travail, permettant de répertorier "les porteurs de projets novateurs, des domaines du numérique, des énergies renouvelables, et des biotechnologies".

Le président du FCE pense néanmoins que cette "crise multidimensionnelle" est "la conjoncture propice pour l'émergence de l'Algérie en tant que "puissance régionale et continentale de premier plan". "Nous ne devons pas faire des réformes uniquement pour parer à la crise qui affecte notre économie mais pour construire une économie forte et résiliente", insiste-t-il.

La 2ème édition de l’université d’été du FCE s’est ouverte à l’hôtel Marriott en présence des ministres de l’Industrie et des mines, Abdeslem Bouchouareb le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdeslem Chelghoum et le Secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Said. Une centaine de chefs d’entreprises étaient également conviés.

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