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5 règles pour survivre à l'administration marocaine

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ADMINISTRATION PUBLIQUE
5 règles pour survivre à l'administration marocaine | DR
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SOCIÉTÉ - "Tout dossier plongé dans l’administration marocaine subit une pression du haut vers le bas égale aux habitudes dérangées", tel pourrait être le théorème d’Archimède - inversé - auquel est confronté la majeure partie de citoyens marocains lorsqu’ils doivent faire face à l’administration de leur pays. Pourtant, il est possible de survivre à cette épreuve de force qu’est parfois la relation avec l’administration marocaine en s’organisant un peu et en suivant ces cinq règles de base.

1# Le téléphone tu n’utiliseras pas

Mis à part les numéros d’appel d’urgence qui fonctionnent tout à fait convenablement - 190 pour la police, 150 pour les pompiers, et 177 pour la gendarmerie - il est inutile d’appeler le fixe d’une administration pour "demander un renseignement". L’usager est en général confronté à une succession de sonneries dont il est à peu prêt certain qu’elles s’égrènent inlassablement dans un bureau vide. S’il arrivait qu’un être humain daigne répondre, c’est invariablement pour signifier que le responsable (lmas’Oul) "makaynch" ou bien qu’il est en réunion (Ijtimaa). Cette étape téléphonique est donc à bannir tout simplement, car elle ne contribuera qu’à braquer l’usager et à le mettre dans de mauvaises dispositions.

2# D’internet tu abuseras

Pour rencontrer un marocain heureux, il s’en faut de peu. Il suffit en effet de demander à tous les usagers qui ont renouvelé leur passeport grâce à la plateforme électronique dédiée ou commandé un extrait de casier judiciaire pour se rendre compte que l’Etat a en partie réussi sa stratégie de dématérialisation administrative. Plus de files d’attente, ni de perte de temps, en quelques clics, l’usager peut commander ses documents et être sûr de les obtenir dans un délai très court. Récemment, la même démarche est en train d’être appliquée aux sociétés avec la télédéclaration des impôts et de la CNSS, qui seront obligatoires à partir de janvier prochain. A cet égard, Internet et la dématérialisation des démarches administratives semble être une initiative salutaire.

3# Sur les lieux tu te rendras (aux bons horaires)

A défaut d’Internet, il est parfois nécessaire de se rendre en personne sur les lieux de l’administration si elle n’offre pas de E-services. N’en déplaise à certains, les fonctionnaires marocains sont aussi des salariés, et ils sont donc - généralement - à leur bureau durant les heures... ouvrables. S’il est à peu près certain qu’une démarche administrative ne peut réussir que si l’usager se déplace, il est inutile de s’y rendre en dehors des heures de bureau. Il faut également éviter les lundi matin (rush de début de semaine), et les vendredis dont la durée se réduit comme peau de chagrin du fait de la prière.

4# Ta signature tu déposeras

Il est un secret jalousement gardé par tous ceux qui sont dans l’obligation de légaliser un nombre important de documents dans l’année: le dépôt de signature. Il suffit pour cela de se rendre à la commune la plus proche de chez vous et de demander à déposer votre signature au sein du registre central. Valable pendant une durée d’une année, ce dépôt permet de ne pas être présent pour effectuer la légalisation, voire de demander à un tiers de se déplacer pour vous. Attention : pour certains documents commerciaux sensibles ou relatifs à l’état civil, le fonctionnaire peut exiger la présence physique du titulaire de la signature. En revanche, pour la très grande majorité de documents administratifs, le dépôt de signature est une alternative tout à fait valable.

5# Ton réseau administratif tu entretiendras "Bottom Up"

Au delà des clichés souvent véhiculés sur les fonctionnaires, il n’en faut pas moins oublier qu’ils font également partie du corps social, au même titre que les usagers. Entretenir de bonnes relations avec les fonctionnaires, voire se constituer un mini réseau pratique permet d’éviter bien des écueils et de gagner du temps. Sans jamais toutefois verser dans la corruption, il ne faut pas oublier que s’adresser avec cordialité aux agents de l’Etat, leur demander conseil ou de vous introduire auprès d’un de leurs collègues est souvent beaucoup plus efficace que les autres approches indirectes qui consistent à toucher leur "patron" à travers une connaissance. Il faut en effet savoir que l’"homo administrativus" marocain est rompu à la pression et qu’il en subit de toutes part tous les jours, et qu’il en a vu d’autres. Gare donc à celui qui cède à la tentation de vouloir absolument passer par la tête de l’organisation, cela ne fera qu’accroitre la suspicion et poussera les fonctionnaires à faire preuve de "rigorisme". Si, comme le dit l’adage, "les escaliers se nettoient par le haut", l’administration marocaine s’appréhende et se travaille par le bas…