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11-Septembre: le Congrès rejette le veto d'Obama afin de poursuivre l'Arabie saoudite

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CONGRESS VETO
Barack Obama marche vers le bureau ovale, le 28 septembre. Le congrès a rejeté son véto sur les poursuites contre l’Arabie saoudite | Pool via Getty Images
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Le Congrès américain a rejeté mercredi un veto de Barack Obama sur une loi autorisant les proches de victimes du 11-Septembre à poursuivre l'Arabie saoudite infligeant un cinglant camouflet au président qui s'était opposé au texte en invoquant la sécurité nationale.

C'est la première fois en huit années au pouvoir que Obama voit son veto -il en a fait usage à 12 reprises- repoussé par les parlementaires qui doivent pour cela rassembler deux tiers des votes.

Le Sénat dans un premier temps a voté à 97 voix pour entraver le veto, contre une seule voix soutenant l'initiative de Barack Obama, celle de Harry Reid, chef de la minorité démocrate à la chambre haute. Les élus de la Chambre des représentants se sont ensuite prononcés à 348 voix pour rejeter le veto et 77 voix soutenant le chef de l'Etat.

Barack Obama juge que le texte affaiblirait le principe d'immunité qui protège les Etats (et leurs diplomates) de poursuites judiciaires et risquerait, par un effet boomerang, d'exposer les Etats-Unis à des poursuites devant divers tribunaux à travers le monde.

"De graves implications sur la sécurité nationale"

Ce texte "ne protégera pas les Américains d'attaques terroristes et n'améliorera pas non plus l'efficacité de notre réponse en cas de telles attaques", avait-il mis en garde Obama dans une lettre adressée aux chefs démocrates et républicains du Sénat. En vain.

Quinze des 19 auteurs des attentats ayant fait près de 3000 morts étaient des ressortissants saoudiens. La responsabilité de l'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis, n'a cependant jamais été démontrée.

Le directeur de la CIA John Brennan a aussi fait part de sa forte opposition au texte: celui-ci "aura de graves implications sur la sécurité nationale des Etats-Unis", et aura des conséquences pour "les employés du gouvernement qui travaillent à l'étranger pour leur pays".

"Un peu de justice"

Le porte-parole de l'exécutif américain, Josh Earnest, a vivement dénoncé ce vote. "Le fait que des membres du Sénat américain n'aient été informés que récemment de l'impact négatif de cette proposition de loi sur nos militaires et nos diplomates est, en soi, embarrassant", a-t-il déclaré tout en saluant le "courage" d'Harry Reid pour son vote à contre-courant.

Mais les défenseurs du "Justice Against Sponsors of Terrorism Act" ont insisté sur la nécessité pour les proches de victimes de pouvoir réclamer justice. Ils estiment que la position de l'administration Obama est avant tout liée à la crainte de provoquer la colère de Ryad.

"Ce n'est pas une décision que je prends à la légère", a souligné lors du vote Chuck Schumer, sénateur démocrate de New York où la loi a évidemment une résonance particulière. "Cette loi est chère à mon coeur en tant que New-Yorkais, car elle offrirait enfin aux victimes du 11-Septembre un peu de justice", a-t-il ajouté.

Le texte a d'ores et déjà provoqué une levée de boucliers dans les monarchies du Golfe qui entretiennent des relations tendues avec l'administration Obama à qui elles reprochent, entre autres, d'avoir réintégré l'Iran, grand rival chiite, dans le jeu diplomatique.

Conséquences fortuites de la loi

Devant les craintes pour la sécurité des Etats-Unis, un groupe de 28 sénateurs, démocrates et républicains, a écrit aux auteurs de la proposition de loi pour exprimer leur souhait "de travailler ensemble d'une manière constructive pour atténuer de façon appropriée les conséquences fortuites" de la loi.

L'ancien maire de New York et farouche défenseur de Donald Trump, Rudy Giuliani, a qualifié le veto de Barack Obama "d'insulte" envers les familles des victimes, et l'équipe de campagne du milliardaire républicain a transmis un communiqué de Giuliani se félicitant du vote du Congrès.

Giuliani a aussi dénoncé l'absence "honteuse" du colistier d'Hillary Clinton, le sénateur Tim Kaine, lors du vote de mercredi alors que l'adversaire de Trump dans la course à la Maison Blanche avait précédemment fait savoir par son équipe qu'elle aurait signé la loi.

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