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Accord OPEP à Alger: les experts "surpris" mais toujours sceptiques

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OIL OPEC
A picture taken on September 21, 2016 shows the dock for supertankers during its inauguration ceremony at the oil terminal of the emirate of Fujairah.The oil terminal at Fujairah inaugurated a dock for supertankers, the first of its kind in OPEC member the United Arab Emirates. The facility enables the terminal to receive tankers measuring 334 metres (yards) and weighing 330,000 tonnes, port director Mussa Murad said. / AFP / KARIM SAHIB (Photo credit should read KARIM SAHIB/AFP/Getty Ima | KARIM SAHIB via Getty Images
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Les experts pétroliers ont été un peu surpris par l'accord conclu à Alger et qui s'est imméditament traduit sur les marchés par une hausse du prix du baril, mais ils restent sceptiques quant à son impact sur la durée.

L'annonce mercredi soir d'un accord a immédiatement fait grimper les cours du brut, qui ont clôturé en nette hausse à New York et Londres. Les cours du baril de référence (WTI) aux Etats-Unis a gagné 2,38 dollars à 47,05 dollars sur le contrat pour livraison en novembre.

A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance a également progressé, de 5.59% pour s'établir à 48,69 dollars. Jeudi matin, le prix du baril de Brent augmentait encore à 48.76 dollars.

La surprise des experts est atténuée par une lecture des fondamentaux du marché sur la durée. "Même si un accord était conclu, ce serait insuffisant pour soutenir les prix au-delà d'une hausse temporaire due à un sentiment positif", estime le groupe d'analyse économique Capital Economics dans une note publiée avant l'accord.

Goldman Sachs annonce que l'accord conclu à Alger ne changera rien à ses prévisions sur les prix du baril jusqu'à fin 2017. La banque d'investissement, qui tablait sur un baril à 53 dollars, a revu cette semaine ses prévisions à la baisse, à 50 dollars, rapportait ce matin CNBC.

Goldman Sachs a estimé que la proposition de l'Opep de geler la production à 32.5 millions de barils par jour serait inférieure de de 480.000 à 980.000 barils par jour par rapport à ses prévisions.

Les analystes de cette banque estiment toutefois qu'une "application stricte" durant le premier semestre 2017 des quotas de productions proposés hier à Alger devrait faire valoir le prix du baril de 7 à 10 dollars.

Indiscipline

Néanmoins, l'établissement a insisté sur la fragilité de cet accord. "Il est rare que les producteurs se conforment à la limitation de quotas, surtout quand la demande est forte".

Les analystes de BMO Capital Markets font alors remarquer que les quotas de production mis en place par l'Opep n'ont pas toujours été respectés par ses membres.

Erick Norland, économiste chez CME Group, a estimé que si les Saoudiens se limiteront à leur quota, "d'autres pays producteurs de l'Opep vont probablement continuer à booster leurs productions en dépit d'un accord de gel de production, comme cela arrivait durant les années 1980".

Relayé par CNBC, il a souligné que "c'était l'Arabie Saoudite qui geler sa production au moment où d'autres pays n'appliquaient réellement le deal".

Une précédente tentative du cartel pour stabiliser le marché avait tourné court en avril, Téhéran ayant refusé de participer aux efforts de réduction. L'Arabie saoudite qui a baissé le regard la première, permettant à l'Iran, son principal rival, d'augmenter sa production, a déclaré à l'AFP Jeffrey Halley, analyste chez OANDA.

Brian Jacobson, expert chez Wells Fargo Funds, partage la même opinion que Erick Norland, soulignant à son tour cette indiscipline de certains membres de l'Opep. Il a déclaré que celle-ci "n'a d'une organisation que le nom. Il s'agit d'entités politiques, motivées surtout par des facteurs politiques".

Réunion des pays Opep et non Opep avant fin novembre

Les membres de l'Opep ont ainsi accepté mercredi soir, après une réunion ayant duré 4H, de réduire leur production de brut de 750.000 barils par jour, passant de 33.24 à 32.5 millions de b/j. C'est peu ou prou le nombre de barils qui étaient pompé en mars dernier par le cartel pétrolier (32,47 mbj), d'après des chiffres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Martin King, vice-président du centre de recherche canadien FirstEnergy Capital, a qualifié hier cet accord de "grande surprise", affichant à CBC de l'optimisme à ce que ce deal soit confirmé en novembre à Vienne. Il estimait néanmoins à "50-50" les chances que la production de l'Opep soit effectivement réduite et gelée à 32.5 millions de barils par jour, ce qui serait une première depuis 2008.

Les analystes jugeaient un accord d'autant plus improbable que dès la veille de la réunion, l'Arabie saoudite et l'Iran, grands rivaux au Moyen-Orient, avaient dit douter de la possibilité de trouver un terrain d'entente.

L'Arabie saoudite, premier producteur de l'Opep, avait fini par assouplir sa position, affecté économiquement comme ses pairs par la dégringolade des cours, qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur en environ deux ans. Le puissant ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, avait déclaré mardi soir que son pays consentirait à ce que l'Iran, mais aussi la Libye et le Nigeria, soient autorisés à produire aux niveaux maximum qui fassent sens.

Le ministre vénézuélien du Pétrole Eulogio Del Pino a quant à lui indiqué mercredi soir l'Opep tiendra une réunion avec des pays producteurs hors-Opep avant la réunion ordinaire prévue le 30 novembre prochain à Vienne.

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