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Des artistes marocains ressuscitent Cheb Hasni 22 ans après sa mort

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CHEB HASNI
Des artistes marocains ressuscitent l'âme de Cheb Hasni dans toute sa splendeur | Raouia Boularbah/Hasni Day
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MUSIQUE - Le 29 septembre 1994, dans une rue du quartier Gambetta à Oran, le chanteur Cheb Hasni a été assassiné à 26 ans. Si le mystère reste entier sur les auteurs du crime, nombreux sont ceux qui portent leurs soupçons sur un réseau d’islamistes qui le menaçaient.

22 ans après sa mort, Cheb Hasni fascine toujours. D’abord par l’esthétique kitsch de son raï sentimental, mais aussi par le tournant majeur du raï dont il a été le précurseur.

C’est pour ces raisons, et pour d’autres, que Mohammed Sqalli, directeur artistique marocain installé à Paris, a organisé le “Hasni Day”, un projet artistique et un concert afin de célébrer la mémoire de l’artiste algérien, 22 ans après sa disparition.

“Le raï de Cheb Hasni est plein de modernité. Il y a une sincérité et une vérité que peu de genres musicaux savent transmettre”, nous explique ce dernier, qui est revenu de vacances, début septembre, avant de plancher sur ce projet pendant un mois, “afin de ne pas attendre l’année suivante”.

Au total, quatre musiciens, trois d’origine marocaine et un Algérien, ont contribué à ce mémorial musical, accompagnés de trois artistes visuels marocains qui ont souhaité ressusciter, à travers l’image, les classiques du “rossignol du raï”, tout en y incorporant une touche de modernité.

Le résultat? Quatre reprises de chansons de Cheb Hasni à l’esthétique kitsch, rappelant celle du raï des années 90. Il y a Fayçal Azizi, connu pour sa reprise du classique judéo-marocain “Hak a Mama”, qui reprend “Omri Omri” dans une version qui rappelle ses débuts avec le groupe K’lma. Le jeune artiste mêle sa voix suave aux synthés pour redonner âme à cette facette chargée d’émotions du raï algérien.

Sarah Maison, elle, a choisi de s’approprier “Mahal Bin Ainiya”, un classique du maître que la Marocaine, avide de synthés, reprend dans une version psychédélique, rehaussée par une vidéo de Kevin Elamrani, qui a d’ailleurs tourné l’ensemble des vidéos faisant partie du projet.

Le Casablancais Malca, qui a participé récemment au Festival InRocKs Lab, a choisi “Mazal Souvenir Andi” pour rendre hommage à Hasni. Ce classique, certainement l’un des plus populaires de l’artiste défunt, est revisité dans une version aérienne et non moins électronique par Malca.

La reprise la plus bouleversante reste celle de Mohamed Lamouri. Cet inconnu du grand public est pourtant une “star souterraine” à Paris. Celui qui joue à bord de la ligne 2 du métro parisien depuis près d’une décennie reprend “Tfakart Nhar Li Cheftek” avec son synthé rafistolé, dans une version qui vous arrache une larme sans prévenir.

“Mon but était également de mettre en avant ces artistes, dont certains ne sont pas suffisamment connus. Je voulais qu’ils adaptent le registre de Cheb Hasni selon leurs goûts et leur vision de la modernité”, nous explique Mohammed Sqalli. Pari réussi donc pour ce projet qui se décline également en site web à la mémoire de l'artiste et qui a été lancé ce jeudi 29 septembre.

L’expérience web se déclinera également en live, ce même soir, à l’Olympic Café, un bar-restaurant en plein coeur de Barbès où chanteront les artistes ayant participé au projet, avant de céder la scène à un DJ qui mixera uniquement des chansons de Cheb Hasni.

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