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Pédophilie en Tunisie: Comment faire pour protéger son enfant sur les réseaux sociaux?

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SOCIÉTÉ- Des parents avaient soulevé un tollé récemment, signalant qu'un pédophile a été démasqué sur Facebook. Ce dernier possédait plusieurs comptes Facebook avec des faux profils qu'il utilisait pour aborder les enfants. Les parents ont porté plainte contre ce dernier.

L'affaire a fait grand bruit mais n'est un catalyseur d'un danger imminent pesant sur les adolescents et encore plus les enfants ayant un compte Facebook, exposés au monde virtuel pour le meilleur et pour le pire. Et le pire, c'est toutes sortes de violences. Ce public très jeune, ce sont les utilisateurs "précoces" des réseaux sociaux, déplore Nadia Charfi, pédopsychiatre, contactée par le HuffPost Tunisie.

"Qu'un adolescent possède un compte Facebook, on peut, à la limite, l'admettre, sachant qu'ils s'imitent et qu'il est donc plus difficile de les empêcher. Mais permission ne signifie pas démission! Les parents doivent parler avec leurs enfants des risques qui existent sur le web sans sombrer dans l'alarmisme excessif et contre-productif et en gardant un oeil sur eux sans les envahir", préconise-t-elle.

Le médecin fustige des parents qui s'occupent de moins en moins de leurs progénitures, qui sont souvent dans l'excès: soit négligents, soit alarmistes, souvent en réaction à tel ou tel fait divers, d'ailleurs. "Or, le salut est d'opter pour le juste milieu, protéger sans forcer, sans stresser et en laissant une marge de liberté à l'adolescent mais en le guettant", a-t-elle renchéri.

Des conseils valables pour les adolescents. Qu'en est-il des enfants, ayant, eux aussi, des comptes Facebook? C'est un phénomène "inquiétant", signale Nadia Charfi. "Les enfants ne doivent pas être exposés aussi brusquement. On comprend qu'ils soient influencés eux aussi par le monde qui les entoure, par l'exhibitionnisme ambiant. Alors si on ne peut pas les empêcher, on peut dans ce cas les laisser utiliser un compte Facebook commun dont les parents ont les accès. Autre précaution: être proche de l'enfant quand il se connecte pour le surveiller".

Et d'ajouter: "On doit faire comprendre à l'enfant que comme dans la rue, on ne doit pas se laisser aborder par un étranger. Un étranger qui te dit un mot gentil même si tu vois ses photos reste un étranger, avec qui on se doit de garder des distances et de qui on doit se méfier", explique-t-elle.

La pédopsychiatre explique l'engouement des enfants pour les réseaux sociaux par le comportement des parents qui sont scotchés toute la journée à leur téléphone, en train de scruter leurs comptes. C'est compréhensible qu'un enfant ait envie d'imiter ses parents. Ces derniers étalent d'ailleurs de plus en plus leur vie privée, publiant à outrance les photos de leurs enfants, leur moindre faits et gestes. Ils minimisent ou ignorent le fait qu'ils sont en train d'exposer leur enfant", déplore-t-elle.


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Autre comportement inquiétant constaté par le médecin, "le fait que les parents, cherchant la tranquillité, se débarrassent de leur enfant en lui confiant une tablette ou un smartphone".

Une mauvaise habitude qui a des répercussions désastreuses pour l'enfant: "Oui les enfants et les adolescents aujourd'hui sont plus éveillés, ont l'air de tout comprendre mais ils demeurent des êtres vulnérables. La vulnérabilité signifie qu'ils sont plus susceptibles de sombrer dans l'addiction. Un ravage qu'on constate de plus en plus dans nos cabinets", met-elle en garde.

Et les parents ne sont pas les seules responsables. Pour la pédopsychiatre l'éducation doit jouer un rôle dans la sensibilisation des enfants. Idem pour la société civile.


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