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Près de deux Marocains sur trois estiment que la corruption est fréquente pendant les élections

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CORRUPTION ELECTION MOROCCO
Un électeur sort d'un isoloir à Salé, septembre 2007. | Rafael Marchante / Reuters
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POLITIQUE - Décompte des voix non équitable, couverture médiatique biaisée, pots-de-vins versés aux électeurs... Comment les Marocains perçoivent-ils la gestion des élections et des campagnes électorales? C'est l'une des questions posées par le réseau de recherche panafricain non partisan Afrobaromètre, qui vient de publier un rapport sur la perception des élections dans une trentaine de pays africains.

Et les résultats de l'enquête menée auprès d'au moins 1.200 Marocains, utiles à mettre en perspective à moins de dix jours des élections législatives, ne sont pas vraiment positifs. On apprend ainsi que 64% des Marocains sondés, soit près de deux personnes interrogées sur trois, estiment que la corruption des électeurs pendant les élections arrive "toujours" ou "souvent", et 26% "quelques fois". 4% estiment qu'elle n'arrive "jamais", et 6% "ne savent pas".

"L'échange d'argent comptant ou de 'cadeaux' contre des votes est généralement illégal et donc difficile à observer directement. Même si les preuves disponibles remettent en cause l'efficacité des achats de vote, les résultats d'enquête suggèrent qu'elle persiste comme stratégie courante de campagne", note le rapport.

1/3 des Marocains pense que les élections sont libres et équitables

Selon l'enquête qui se base sur les résultats de sondages effectués en novembre 2015 au Maroc, au sujet des dernières élections législatives de 2011, une minorité de Marocains (34%) pense que les élections sont libres et équitables (30% dans le milieu rural et 36% dans le milieu urbain). Le royaume arrive loin derrière la Tunisie (70%) et l'Algérie (43%).

Concernant la sécurité des électeurs pendant les campagnes électorales, 59% des Marocains disent ne pas avoir du tout peur, 33% un peu ou assez peur, et 4% très peur. Quant au risque de violence dans les bureaux de vote, 29% des répondants estiment que les électeurs ne sont jamais menacés, 32% répondent "quelques fois", et 21% "souvent" ou "toujours".

Une couverture médiatique biaisée?

C'est sur le comptage des votes que le bât blesse particulièrement. Les Marocains font partie des pays africains les plus sceptiques: 15% des sondés seulement pensent que les votes sont toujours équitablement comptés, et 27% estiment qu'ils le sont "souvent ou quelques fois".

L'impartialité des votes n'est pas la seule à faire défaut aux yeux des Marocains. 38% des personnes interrogées estiment que la couverture médiatique des élections est biaisée car les médias ne couvrent pas équitablement tous les candidats. Les Marocains restent néanmoins loin derrière les Gabonais (77%), qui sont les plus critiques envers le parti pris de leurs médias pendant les campagnes électorales.

Problème de représentativité

Si un peu plus d'un Marocain sur deux estime qu'un choix véritable est offert aux électeurs dans les bureaux de vote, les sondés sceptiques quant à la bonne représentativité des élus. A la question de savoir si les élections assurent que les représentants au Parlement reflètent bien les opinions des électeurs, 67% des Marocains répondent "pas du tout bien/pas très bien", 25% "bien/très bien", et 8% "ne savent pas".

Enfin, quand il s’agit de demander des comptes aux représentants élus, les Marocains sont plutôt pessimistes. Pour 69% des Marocains, les élections ne garantissent "pas du tout bien" ou "pas très bien" aux électeurs le pouvoir de révoquer les dirigeants qui ne comblent pas leurs attentes.

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