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Élections au Maroc: Pour la CGEM, certaines propositions de partis sont "irréalistes"

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Élections au Maroc: Pour la CGEM, certaines propositions de partis sont "irréalistes" | DR
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ÉLECTIONS - La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) n'est pas satisfaite des propositions faites par les partis politiques, dans le volet économique, en vue des élections législatives. Et elle l'a fait savoir.

"Sur certains programmes électoraux, on s'aperçoit qu'on ne colle pas vraiment à la réalité économique. On a l'impression qu'on est en décalage", a fustigé Abdelkader Boukhriss, président de la commission fiscalité à la CGEM, lors d'une conférence de presse tenue mardi 27 septembre dans son siège à Casablanca.

Selon lui, la confédération conduite par Miriem Bensalah-Chaqroun avait constitué un comité qui a reçu, du 15 juin au 15 juillet dernier, les "représentants de tous les partis politiques que compte le pays".

"Dans cette phase d'échange, nous sommes partis d'un diagnostic que nous avons présenté à ces partis politiques. Nous leur avons aussi présenté les freins qui pour nous, les entreprises, posent de réelles difficultés. Certaines mesures ont été retenues dans quelques programmes et c'est très bien. D'autres n'ont pas été prises en compte et c'est celles-là qu'on va continuer à défendre", a fait savoir le responsable.

"Très faible taux de croissance"

Pendant la conférence, Abdelkader Boukhriss est également revenu brièvement sur le bilan du gouvernement actuel: "Aujourd'hui, au niveau économique, nous avons un très faible taux de croissance puisque nous sommes partis d'un taux de 5%, et nous sommes maintenant à moins de 2%. Nous avons une baisse des IDE, une situation critique de l'emploi et du chômage et une très forte décélération de crédits".

Toutefois, pour le président de la commission fiscale, "l'environnement macro-économique très défavorable au Maroc" y est aussi pour quelque chose. Parmi les raisons évoquées, "l'amalgame avec les pays arabes et islamiques instables". "Mais nous composons avec ces éléments-là pour avancer", a-t-il conclu.

Des chiffres et des promesses

Au Maroc, comme pour les élections passées, plusieurs partis se sont, en effet, prêtés au jeu des promesses chiffrées en affichant d'emblée leurs ambitions en matière d’indicateurs économiques.

Le Parti authenticité et modernité (PAM) s'est notamment fixé comme objectif de ramener le taux de la dette publique de 81% du PIB à moins de 60%.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui compte lui dans ses rangs le ministre de l'Economie et des finances Mohammed Boussaid, ainsi que celui de l'Industrie, du commerce et de l'économie numérique Moulay Hafid Elalamy, a misé gros sur l'emploi. Il s'est fixé comme objectif, entre autres, de réduire de 50% des charges patronales et salariales pour les salaires de moins de 3.000 dirhams.

De son côté, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) promet de créer 150.000 emplois chaque année, soit 750.000 emplois sur cinq ans, en plus d'augmenter la valeur des exportations agricoles de 11 milliards de dirhams à 50 milliards de dirhams.

A la tête du gouvernement depuis 2011, le Parti de la justice et du développement (PJD) s'est voulu cette fois plus prudent. Il a ainsi proposé dans le volet économique de son programme trois scénarios éventuels (un pessimiste, un réaliste et un optimiste) pour chaque indicateur.

Selon Larabi Jaidi, économiste, chercheur et professeur d'économie à l'Université Mohammed V de Rabat, contacté récemment par le HuffPost Maroc, "ces objectifs ne peuvent être construits qu'à partir d'une méthodologie scientifique, objective et des techniques de mesure ou de modélisation maîtrisées", et "les incertitudes de la conjoncture interne et de l'environnement économique international ne permettent pas d'affirmer que les objectifs de croissance, d'emploi ou d'investissement seront effectivement réalisés".

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