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Tunisie: Un appel du mufti à cesser les grèves fait polémique

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MINISTRE DES AFFAIRES RELIGIEUSES
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RELIGION- Un appel du mufti de Tunisie, la plus haute autorité religieuse musulmane du pays, à cesser grèves et manifestations pour "sauver" une économie en difficulté faisait polémique mardi, 27 septembre, ses propos ayant été considérés comme "une ingérence".

Othman Battikh, ancien ministre des Affaires religieuses devenu mufti -un poste dépendant du gouvernement- avait la veille appelé les Tunisiens "à consacrer tous leurs efforts à travailler et étudier (...), ce qui n'est possible qu'en abandonnant les manifestations intempestives et les sit-in entravant le travail et la production".

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La puissante centrale syndicale UGTT s'est dite "étonnée" que le mufti "se mette à qualifier de haram et halal (interdit et permis en islam, ndlr) des revendications légitimes", invitant M. Battikh à ne pas intervenir "afin que son image et sa crédibilité ne soient pas critiquées".

"On n'a jamais entendu le mufti lancer une fatwa contre la corruption, la contre-bande, l'évasion fiscale, le bas salaire des ouvriers en encore leurs droits lésés", a fustigé Sami Tahri, porte parole de l'UGTT sur son profil Facebook.

Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), une ONG, a lui mis en garde contre "le danger" de cette "ingérence". Il a aussi demandé à la présidence de la République d'"assumer ses responsabilités dans la défense de la Constitution, garante du caractère civil de l'Etat ainsi que des libertés civiles et politiques".

Sur les réseaux sociaux enfin, des Tunisiens s'étonnaient que le mufti n'ait pas plutôt choisi de déclarer "haram" la corruption, devenue un fléau dans le pays.

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