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Bras de fer entre le PJD et l'Intérieur au sujet de la fermeture de plusieurs bureaux de vote

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ELECTIONS MOROCCO
A man deposits his ballot paper after voting in Rabat, Morocco, Friday, Nov. 25, 2011. Moroccans voted for a new parliament Friday in Arab Spring-inspired elections that are facing a boycott by democracy campaigners who say the ruling monarchy isn't committed to real change. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar) | ASSOCIATED PRESS
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ÉLECTIONS - La fermeture de certains bureaux de vote dans des zones comptant un important électorat du Parti de la justice et du développement (PJD) fait jaser. Tandis que le PJD dénonce une mesure destinée à décourager son électorat, le ministère de l'Intérieur justifie sa décision par des travaux de rénovation dans des lycées comprenant des bureaux de vote, ou par des raisons "techniques".

"Il y a des contradictions dans les explications données par le ministère de l'Intérieur", s'indigne Abdelhak El Arabi, président de la commission centrale des élections et directeur général du Parti de la justice et du développement (PJD), contacté par le HuffPost Maroc.

Il y a quelques jours, des personnalités du parti de la lampe ont dénoncé la fermeture, jugée injustifiée par le parti, de plusieurs bureaux de vote, "ce qui obligera les électeurs à se déplacer sur plusieurs kilomètres pour pouvoir donner leur voix, le jour du scrutin", nous déclare Abdelhak El Arabi.

Pour y voir plus clair, le PJD a pris contact avec le ministère de l'Intérieur, qui leur a donné deux réponses. "La première, c'est que c'est notre parti qui a demandé cela. Nous avons effectivement demandé que le nombre de bureaux de vote soit réduit, en raison du fait que dans certains équipements publics, comme les écoles, accueillent cinq ou six bureaux de vote, et que ces derniers connaissent une très faible affluence", explique Abdelhak El Arabi.

Cinq kilomètres à pieds

La demande du parti était donc que "le nombre de bureaux de vote dans certains centres soit revu à la baisse, et qu'on n'en garde que deux ou trois, au lieu de six. Dans tous les pays démocratiques, le nombre de bureaux est rationalisé. Les gens sont nombreux à y affluer, ce qui donne une bonne image du pays, et encourage les gens à participer aux élections. Par ailleurs, la prolifération des bureaux de vote complique la tâche des observateurs", détaille le directeur général du PJD.

Au lieu de réduire le nombre de bureaux de vote, le ministère de l'Intérieur a donc "carrément procédé à la fermeture de centres qui comptaient jusqu'à huit bureaux de vote. Les citoyens qui devaient voter dans ces centres ont été répartis sur d'autres bureaux, qui sont parfois situés à plus de cinq kilomètres de leur lieu de résidence, les forçant ainsi à entreprendre un déplacement conséquent pour voter", dénonce El Arabi.

Une mesure destinée à décourager les électeurs du PJD?

Le ministère de l'Intérieur a également répondu au PJD que si certaines écoles aménagées en bureaux de vote ont été fermées, "c'est parce qu'elles sont en cours de rénovation. En nous déplaçant sur place, nous avons pu constater qu'il n'y a pas de rénovation en cours. Un cas flagrant ici à Rabat, à Yaâcoub El Mansour, est celui de Hay El Fath, un quartier de classe moyenne. En 2011, nous y avons obtenu 56% des voix. Alors que les électeurs résidant dans ce quartier votaient dans un lycée situé à proximité, ils ont été dispersés sur plusieurs bureaux de vote. Certains d'entre eux sont venus vers nous pour protester contre cette mesure, et les habitants d'un immeuble se sont même mis d'accord pour boycotter les élections", explique El Arabi, qui rapporte que "désormais, certains doivent se déplacer à El Kamra pour voter. Abdessamad Sekkal, président de la région Rabat-Salé-Kénitra y réside avec sa famille. Tandis que lui vote dans un bureau, son épouse doit aller dans un bureau différent".

Selon Abdelhak El Arabi, des cas semblables ont été observés à Agdal, dans des circonscriptions à Casablanca, ainsi que dans d'autres localités. Pour certains membres du Parti de la justice et du développement, cette mesure a été prise par le ministère de l'Intérieur pour affaiblir le vote PJD, en assignant aux électeurs du parti des bureaux de vote éloignés de leur lieu de résidence, afin de les décourager.

Citant une source proche du ministère de l'Intérieur, le site d'information Médias24 rapporte que le département de Mohamed Hassad que 129 bureaux de vote, sur les 40.000 que comptes le Maroc, ont été supprimés de la liste pour des raisons "techniques".

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