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"L'Algérie a fait le mauvais choix en misant sur le photovoltaïque", Tewfik Hasni, consultant en transition énergétique

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Tewfik Hasni, consultant en transition énergétique continue de défendre bec et ongles la primauté du solaire thermique dans le programme des énergies renouvelables voulu par le gouvernement.

Sur le plateau de la webradio Radio M, l’ancien vice-président de Sonatrach, Tewfik Hasni a estimé que le gouvernement a fait un mauvais choix en matière d’intégration industrielle en misant sur le photovoltaïque au lieu du solaire thermique dans le programme des énergies renouvelables.

Selon lui, sur le photovoltaïque investi massivement par les Chinois, l’Algérie ne pouvait être compétitive au niveau technologique. "Le niveau de technologie est tel qu’il est impossible (pour l’Algérie ) d’être compétitif", a-t-il souligné, ajoutant que le solaire thermique est non seulement délaissé par les Chinois mais aussi ce procédé est resté immuable hormis une évolution dans la réduction des coûts.

70% d’intégration pour le solaire thermique

Pour M. Hasni, le solaire thermique offre de meilleurs ratios d’intégration ; à 70% pour le solaire thermique et moins de 40% pour le photovoltaïque. A coté de ce "mauvais choix", le gouvernement a aussi mis la barre haute en matière d’intégration, ce qui a fait que le programme du renouvelable lancé officiellement en 2011 traîne toujours la patte.

Selon "l’Invité du Direct" de Radio M, sur les 22 GW prévus par ce programme, il n’a été réalisé que 0,1%. Toutefois, il entrevoit une "avancée" dans les dernières déclarations du ministre de l’Energie qui peut préfigurer d’un décollage de ce secteur marginalisé par les énergies fossiles.

D’abord, parce que la nouvelle vision de Noreddine Bouterfa tend à équilibrer le programme des énergies renouvelables en consacrant 50% au solaire thermique. Ensuite, la redéfinition des acteurs qui doivent porter ce programme. "Sonelgaz seul n’était pas un acteur déterminant. Cet acteur doit être présent sur le marché de l’énergie verte en Europe", a noté M. Hasni, en citant le groupe Sonatrach. Ce dernier a déjà constitué un groupe de travail pour prendre à bras le corps ce projet, a-t-il révélé.

Un secteur attractif malgré la crise

L’ouverture du dossier du renouvelable aux investisseurs étrangers est également salué par M. Hasni qui est revenu sur le lancement de la centrale hybride de Hassi R’mel réalisé par un consortium algéro-espagnol. Sur ce projet, l’acteur étranger détenait 66% ce qui nous n’a pas empêché de tout contrôler, a-t-il révélé.

Interrogé sur la difficulté de ramener des capitaux pour pouvoir financer ce programme dont le montant est estimé à 120 milliards de dollars, M. Hasni s’est voulu rassurant, estimant que le secteur de l’énergie électrique reste attractif, puisqu’il croit même en temps de crise. « Le secteur de l’énergie électrique est me seul marché qui restera dominant. Même en plein crise, il continue d’augmenter », a-t-il souligné.

Et de recommander néanmoins une démarche rassurante envers les investisseurs, à travers l’élaboration d’un cadre juridique clair, la levée des entraves bureaucratique, mais aussi le lancement d’un programme et non de projets disparates pour " assurer un marché suffisant et rassurant pour l’investisseur où l’industrie n’aura pas du mal à s’installer".

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