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A Marrakech, des enfants non scolarisés manifestent pour une place à l'école

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MARRAKECH
Omar Arbib/AMDH
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ÉDUCATION - La rentrée scolaire à Marrakech ne se passe pas sans tracas. Lundi 26 septembre dans l’après-midi, des écoliers, accompagnés de leurs parents, ont tenu un sit-in devant la direction régionale du ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle.

Objet de la manifestation? “Six établissements souffrent du manque d’enseignants ainsi que de classes en sureffectif où plus de 50 élèves étudient en même temps”, répond Omar Arbib, membre du bureau central de la section Marrakech de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH).

Le militant associatif, présent sur place, a recueilli plusieurs témoignages de parents et de responsables au sein de la direction régionale de l’Education nationale. “Certains établissements ne disposent même pas de sanitaires fonctionnels, et d’autres sont construits en murs préfabriqués et sont dans une situation insalubre”, assure-t-il.

Les établissements dont sont issus les écoliers manifestants sont l’école Al-Jahed située à Al Massira 2, l’école Anoual au quartier Al Massira 1, les écoles Al-Mandar Al-Jamil et Abwab Marrakech au quartier Addoha Al Massira, l’école Riad Al-Hamama à Tamensourt et le collège Al-Mawridi à Zid Zouine.

“Plusieurs élèves sont obligés d’assurer le ménage au sein des classes, avec des produits détergents qu’ils ramènent depuis leurs foyers”, indique Omar Arbib. “Depuis un moment, le ministère de l’Education nationale engage des entreprises privées pour assurer l’hygiène des établissements scolaires. Or, le personnel affecté au sein des écoles est souvent insuffisant.”

Un responsable aux ressources humaines a reçu des représentants des parents le jour-même. “Celui-ci a assuré aux parents que le problème du manque d’enseignants sera réglé d’ici jeudi, mais a expliqué qu’il n’y avait rien à faire pour les classes en sureffectif”, indique Omar Arbib.

La situation risque d’empirer

Alors que les écoles et collèges marrakchis peinent à absorber le nombre d’écoliers de la capitale touristique, le problème risque d’empirer dans les jours à venir. “Selon un responsable qui a reçu des représentants de l’AMDH, environ 1.000 élèves ont quitté des établissements du secteur privé et souhaitent rejoindre l’école publique. Ils ne sont pour l’instant pas encore inscrits, et le situation ne peut que se compliquer davantage”, explique le responsable au sein de l’AMDH Marrakech.

L’AMDH a pour sa part réagi dans un communiqué publié lundi 26 septembre. “Nous dénonçons la privation de beaucoup d’enfants de leur droit à l’éducation, ce qui a conduit à une vague de protestation”, indique l’association. Et de poursuivre: “L’AMDH appelle à mettre à disposition des élèves des salles de classes ainsi que des sanitaires salubres, et d’assurer le mobilier nécessaire comme les tables et les chaises”.

Notre interlocuteur a en effet constaté “des tables et chaises délabrées et usées dans plusieurs salles de classe” dans les établissements scolaires cités plus haut, ce qui a conduit plusieurs écoliers à “boycotter l’école depuis la rentrée scolaire”.

L’AMDH appelle également le ministère de l’Education nationale à assurer “un corps professoral suffisant dans ces établissements, et mettre en place un plafond de nombres d’élèves par classe afin d’assurer la qualité de l’enseignement et l’égalité des chances, et créer une ambiance propice à l’apprentissage”.

Selon les derniers chiffres de la rentrée scolaire 2016-2017, diffusés ce mardi 27 septembre, le nombre d'enseignants a accusé une baisse de 5,6% pour atteindre 210.367, contre 222.736 une année auparavant. Une qui baisse concerne aussi bien le primaire (-5,6%) que le secondaire collégial (-5,7%) et le secondaire qualifiant (-5,2%). Le nombre d'élèves a, lui, connu une hausse de 3,3% pour atteindre 6,95 millions.

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