Huffpost Maroc mg

Élections/Maroc: Un effet COP22 sur les programmes des partis?

Publication: Mis à jour:
COLLAGE ECOLO
Les partis politiques marocains sont-ils devenus écolos? | pixlr
Imprimer

ENVIRONNEMENT - À l’heure où le Maroc, qui accueille la COP22 en novembre prochain, semble plongé dans une sorte d'euphorie environnementale, les partis politiques commencent à développer une conscience écologique pour se mettre au diapason. PAM, PJD, PPS… tous les grands partis ont inclus l’environnement et le développement durable dans leurs programmes. Certains plus assidument que d’autres.


Le PJD ou la lampe verte

Le Parti de la justice et du développement (PJD) s'est-il découvert une âme écolo? Pas vraiment, puisqu'il appelle surtout à renforcer ou accélérer des programmes déjà en place ou qui tardent à être appliqués. Ainsi le parti de la lampe appelle à une "accélération de la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la désertification et de reboisement" et à un "renforcement des financements dédiés à la lutte contre la pollution industrielle".

Le parti de Benkirane évoque également brièvement la question de l’eau en appelant à l’élaboration d’une stratégie intégrée de l’eau d’ici 2050, sans apporter plus de précisions sur les moyens d'y parvenir. Un crédit d’impôt aux entreprises souhaitant investir dans les énergies renouvelables est aussi présent dans le programme.

En juin, les parlementaires du parti ont déposé une proposition de loi-cadre relative au climat, qui reprend les grands principes et les orientations de la nouvelle politique environnementale de l'Etat marocain et établit un certain nombre d'objectifs et d'engagements à atteindre. À travers cette proposition de loi, le groupe parlementaire du PJD souhaite "soutenir les efforts institutionnels, législatifs et techniques déployés par le Maroc" sur le front environnemental, lit-on dans l'exposé des motifs de la proposition de loi.

Le groupe parlementaire du PJD vise aussi à "unifier les textes de lois liés au climat, éparpillés dans la législation nationale, dans une seule loi", ainsi qu'à "combler le vide législatif enregistré sur les questions climatiques et le changement climatique, afin de contribuer à ce que le Maroc tienne ses promesses et ses obligations internationales en tant que signataire de la Convention des Nations unies sur le changement climatique". Dommage que le parti n'ait pas capitalisé sur cela dans son programme électoral.

Le PAM va-t-il taxer les tracteurs?

Tout comme le PJD, le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) intègre l’environnement dans son programme économique et défend l’idée d’une "taxe sur la pollution". Le PAM s’engage également à encourager l’achat de plaques solaires, et l'élaboration d’un programme national d’actions dans le but de réduire la consommation de l’énergie fossile.

Si le parti dirigé par Ilyas El Omari appelle à une révision de la gestion des eaux et forets, la question de l’eau et son rationnement n’est pas évoquée dans le programme du parti.

Le RNI, ou comment faire comme la COP22

On peut dire que le RNI ne s’est pas spécialement pris la tête avec son programme écologique. Le parti présidé par Salaheddine Mezouar, par ailleurs président de la COP22 (suivez mon regard) propose d’innover en matière de transports publics pour limiter la pollution et adopter une politique gouvernementale fidèle aux engagements du Maroc lors de la COP22. Il propose aussi de développer un tourisme écologique et culturel.

Le PPS, la gauche écolo

Le Parti de progrès et du socialisme (PPS) a fait de l’écologie et du développement durable l'un des 5 axes de son programme. Il faut dire que depuis plusieurs années déjà, les parlementaires du parti, dont Abdellatif Ouammou, militent pour l’intégration des enjeux environnementaux dans la législation et les politiques publiques.

Le parti de Nabil Benabdellah s’engage ainsi à développer l’économie verte, en renforçant les compétences nationales sur ce domaine. Il promet d'"engager une démarche globale et volontariste de promotion de la croissance verte en s’appuyant sur les avancées importantes en matière de formulation de stratégies".

Parmi les mesures environnementales qu'il défendra dans sa campagne, le parti, qui compte dans son portefeuille ministériel la ministre chargée de l'eau Charafate Afilal, promet de s'engager dans "la bataille de la gestion de l’eau". Le PPS souhaite ainsi rationaliser la gestion des nappes phréatiques, victimes de surexploitations.

L’UC, ou l'écologie dans les écoles

Si le parti de Sajid a misé sur l’innovation avec sa Charte disponible en ligne, son programme écologique est loin d‘être une nouveauté. L'Union constitutionnelle (UC), qui a choisi de ne pas chiffrer ses objectifs, n’a pas de chapitre, ou même de point, dédié à l’écologie. A la place, des projets environnementaux apparaissent ici et là dans son programme. Parmi les quelques projets de l'UC, on retrouve sa volonté d’introduire un module environnement et écologie dans les écoles, valoriser la biodiversité et diversifier le bouquet énergétique.

La FGD, ou l'écologie nature

Dans son chapitre dédié à l'environnement, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) à veut encourager le développement durable, élaborer des mesures pour la protection de l’eau et protéger les réserves naturelles.
L'alliance du PSU, du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste et le Congrès national Ittihadi, présidée par Nabila Mounib, appelle pêle-mêle à un plan d’urgence de protection des oasis et contre la désertification (en plantant 5 millions de palmiers). Le parti veut aussi appliquer une charte gouvernementale pour le développement durable et la protection de l’environnement, ainsi que mettre en place une ceinture verte dans les grandes villes.

L'USFP, "ami historique de l’environnement"

Avec un programme de 555 mesures étalées sur plus de 220 pages, l’USFP avait l'espace pour évoquer les questions écologiques. Le parti commence par dresser un état des lieux de l’impact de la pollution sur les populations et l’économie (en précisant par exemple que la détérioration de l’air coûte chaque année 6,3 milliards de dirhams, soit à peu près 1,03% du PIB).

Le parti de Driss Lachgar souhaite que des partenariats soient créés entre le secteur privé et public afin de développer une politique intégrée, et préconise de répondre au problème de la pollution atmosphérique par un programme de développement des transports public. L'USFP propose aussi d'améliorer la qualité du carburant, surtout pour les transports urbains.

Le Mouvement populaire, un programme fourre tout

Le parti de Mohand Laenser ne s’est, lui aussi, pas cassé la tête avec le volet écologique. Ce dernier s'est contenté de dresser une liste de projets ou de chantier à lancer, sans développement, chiffres ou stratégies. Il s'agit principalement de la "valorisation des ressources hydrauliques et la protection de l’eau" et la "création d’une agence pour le littoral".

L'Istiqlal, des chiffres et des lettres

Le parti de Hamid Chabat a eu le mérite de s'être assigné des objectifs chiffrés dans son programme. Il promet ainsi, d’ici 2021, de planter 2 millions d’hectares d’arbres supplémentaires, de mettre en place 63 stations de traitement des eaux, de créer 25 nouvelles décharges ou encore de passer de 43% des eaux traitées à 70%. Pour le développement durable, le parti dit vouloir consolider la transition vers l’économie verte, mais sans plus de précisions.

LIRE AUSSI: