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Une campagne électorale à la House of Cards

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FRANCK UNDERWOOD
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ÉLECTIONS - En période électorale, tous les coups sont permis pour prendre de l'avantage sur l'adversaire, et des histoires d'agressions, de pressions ou de chantage meublent l'actualité à l'approche de chaque élection. La campagne électorale pour les élections législatives du 7 octobre ayant à peine démarré, que déjà, la guerre politique prend une tournure de guerre tout court.

Agression à l'arme banche

Dans la soirée du samedi 24 septembre, Meriem Akrimaa, candidate du Parti authenticité et modernité (PAM) à la circonscription de Fès-Sud a été victime d'une agression à l'arme blanche. Les photos diffusées montrent plusieurs blessures, assenées au niveau de l'abdomen.

Meriem Akrimaa s’est vu accorder un certificat d’incapacité de 30 jours, et le PAM a engagé une procédure judiciaire. Le 25 septembre, le secrétaire général du parti Ilyas El Omari a saisi les ministres de l'Intérieur et de la Justice pour les informer de l'agression et pour demander à ce que la sécurité physique des candidates et des candidats aux législatives soit garantie, "en particulier lors des activités de campagne, durant lesquelles il y a une forte exposition aux agressions physiques", lit-on dans le courrier adressé par Ilyas El Omari aux deux ministres.

Retrait de candidat

"Nous avons été surpris", lâche Nabil Benabdellah devant deux journalistes de Hespress, poursuivant qu'"un quart d'heure avant la clôture de la période des de dépôt des listes, on découvre qu'il a retiré sa candidature de manière unilatérale, sans consulter le bureau provincial du parti, ni les autres candidats de la liste". "Il", c'est Mohamed Aouad, tête de liste du PPS à la circonscription de Salé-Médina, qui allait décrocher "un siège quasiment acquis", se désole Nabil Benabdellah. Mais au dernier moment, il décide e se retirer de la course, laissant le PPS au dépourvu. Résultat: le parti n'a pas pu constituer une nouvelle liste de candidats, et se voit donc exclu de la course électorale à Salé-Médina.

"Dans un premier temps, nous avons exprimé notre regret. Là, nous exprimons notre étonnement et notre incompréhension devant cette situation, car Ssi Aouad nous a dit qu'il a subi des pressions", ajoute Benabdellah. "Des pressions de quel genre?", demande le journaliste. "Ces pressions visaient un certain nombre de ses sociétés, et qui, subitement, allaient reçevoir un contrôle fiscal s'il déposait sa candidature sous les couleurs du parti", répond le patron du PPS. Et d'enchaîner que "le bureau provincial du parti à Salé a exprimé une prise de position, et nous irons aussi loin que possible pour en savoir plus sur ce qui s'est passé, car cela nous a fait perdre un siège que nous considérions acquis".

Passage en camp adverse

C'est un bras de fer qui a défrayé la chronique, et ce, avant même le lancement de la campagne électorale. Début septembre, l'Union constitutionnelle (UC) de Mohamed Sajid a jeté un pavé dans la marre, en accusant le Parti de la justice et du développement (PJD) d'avoir "volé" l'un de ses cadres, en l'occurrence Abderrahmane El Harfi.

Ce dernier, ex-parlementaire, actuel élu régional, coordinateur provincial et candidat de l’UC, a récemment décidé de changer de camp. Son nom figure désormais dans la liste des candidats du PJD pour la circonscription électorale de Sidi Kacem, dans le nord-ouest du Maroc.

Selon l'UC, El Harfi n'aurait pas rejoint le parti de la lampe de "lui-même". Il aurait pris cette décision "sous pression", en conte-partie d'une autorisation d'ouverture d'une station service qui lui serait accordée par le ministère de l'Energie et des mines (dirigé par le PJDiste Abdelkader Amara).

Du côté du PJD, on dément catégoriquement. El Harfi "est venu au parti de sa propre initiative. Il a fait une demande d'adhésion qui a été examinée, puis validée par le secrétariat général. Il a été décidé de le présenter en tant que tête de liste à Sidi Kacem", nous avait déclaré le porte-parole du parti Souleïmane El Amrani.

Dans un communiqué publié samedi matin sur le site du PJD, le principal intéressé a démenti "toutes les rumeurs adressées par l'UC au secrétariat général du PJD", affirmant que sa décision fait suite à une "initiative personnelle" motivée par les réalisations du parti au gouvernement.

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