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Localisation d'Abaaoud, stratégie anti-terroriste du Maroc, lutte contre Daesh... Abdelhak Khiame à coeur ouvert

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ABDELHAK KHIAME
The director of the Central Bureau of Judicial Investigations, Abdelhak Khiame, gestures during an interview with The Associated Press at his headquarters in Sale near Rabat, Morocco, Tuesday, Jan. 5, 2016. Khiame says it was his country that put French and Belgian police on the trail of the network behind the Paris attacks that killed 130, and likely spared more lives by pinpointing the location of the man considered the main organizer, holed up outside the French capital. (AP Photo/Abdeljalil | ASSOCIATED PRESS
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LUTTE ANTI-TERRORISTE - Le Maroc a fourni les informations ayant permis de localiser Abdelhamid Abaaoud. C'est ce qu'a déclaré le directeur du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) Abdelhalk Khiame dans un entretien accordé à l’hebdomadaire français Le Journal du dimanche (JDD).

L'information a été diffusée par plusieurs médias après le raid du 18 novembre 2015 à Saint-Denis, suite auquel l'organisateur des attentats de Paris a trouvé la mort. Néanmoins, c'est la première fois qu'un officiel Marocain l'affirme publiquement.

Si "cette version avait été éclipsée par le rôle clé d'un témoin proche de Hasna Ait Boulahcen, qui dit avoir rencontré le 15 novembre Abdelhamid Abaaoud dans un buisson à Aubervilliers, et avoir discuté avec lui des attentats de Paris et de futures attaques", rappelle le JDD, Abdelhak Khiame a affirmé au support français que "ce sont bien nos services qui ont fourni les renseignements qui ont permis de le localiser, à partir d'informations obtenues ici, au Maroc".

"Vous croyez sincèrement qu'Abaaoud, alors qu'il était recherché, allait parler à cette fille des nouveaux attentats qu'il s'apprêtait à commettre? Allons…", ironise le patron du BCIJ.

Une stratégie de l'anticipation

Abdelhak Khiame est également revenu, dans l'interview accordée au Journal du dimanche, sur la stratégie marocaine de lutte antiterroriste, fruit d’un long processus entamé après les attentats de Casablanca en 2003.

"Le Maroc a opté pour une nouvelle stratégie sécuritaire avec l’adoption d’une loi sur le terrorisme, la mise en place de la carte d’identité biométrique, la création d’une police de proximité et d’unités mixtes de policiers et de militaires", a déclaré Khiame.

"Nous arrêtons les personnes avant de passer à l’acte. Ceux qui reviennent d’un foyer de tension sont systématiquement arrêtés, interrogés et encourent des peines de cinq à dix ans de prison", a ajouté le patron du BCIJ, précisant que le BCIJ n'intervient "que sous la supervision du parquet".

Abdelhak Khiame a, en outre, indiqué que l’Etat Marocain a adopté une stratégie antiterroriste fondée sur une politique mutlidimensionnelle, qui englobe également les aspects religieux et socio-économiques, rappelant que la plupart des jeunes impliqués dans les attentats de 2003 venaient de régions marginalisées. Dans ce sens, Khiame a noté que l’Etat les a revalorisés, insistant sur l’importance du travail de déradicalisation.

Evoquant les actions menées par le royaume pour contrer la stratégie de Daech, le directeur du BCIJ a souligné que le Maroc est et a été toujours un rempart contre les terroristes, ce qui en fait une cible. "Mais nous nous sommes toujours adaptés au changement des stratégies des organisations", a-t-il ajouté, faisant savoir que le pays a réagi à temps en démantelant "beaucoup de cellules qui envoyaient des volontaires s’entraîner dans des foyers de tension pour qu’ils reviennent commettre des attentats ici". Ces cellules ont essayé de s’adresser "aux cellules dormantes à l’intérieur du pays. Enfin, elles ont envoyé des étrangers ici. Nous avons réagi à temps", a-t-il expliqué.

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