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Villar Mir a versé au moins 18 millions d'euros de pots-de-vin pour obtenir des projets en Algérie

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L’influent journal espagnol El Mundo rapporte que des documents trouvés au siège de l’AS Audit & Consulting, le cabinet où travaillent deux intermédiaires présumés dans cette affaire, montrent que Villar Mir a accepté de payer 18 millions d’euros pour l’obtention du projet de construction, en Algérie, d’une usine de production d’ammoniac à Arzew.

Un nouveau scandale éclabousse une fois de plus le secteur de l’Energie algérien. Le groupe espagnol Villar Mir est soupçonné d’avoir obtenu des projets en Algérie moyennant des pots de vin, rapporte le journal espagnol El Mundo, dans son édition de lundi dernier. Il s’agirait du projet de la construction de la plus grande usine de production d'ammoniac dans le monde, situé à Arzew (Ouest algérien).

L’influent journal espagnol rapporte que des documents trouvés au siège de l' AS Audit & Consulting, le cabinet où travaillent deux intermédiaires présumés dans cette affaire, montrent que Villar Mir a accepté de payer 18 millions d' euros pour l’obtention du projet de construction, en Algérie, d’une usine de production d’ammoniac.

Dans le cadre d’une enquête judiciaire visant ces deux intermédiaires, Gustavo de Arístegui et Gomez de la Serna, député du Parti Populaire espagnol, la justice espagnole a révélé un document clé reliant Fertiberia, la filiale de Villar Mir, à Castelino BV, une société qui aurait servi à payer des pots de vin.

Selon un document judicaire cité par El Mundo, cette société a reçu 18 millions d’euros en contrepartie de facilitation des affaires en Algérie. Le journal note que les deux Espagnols ont mené au moins deux opérations pour le compte de Fertiberia. Il s’agit de la construction de l'usine d'ammoniac et le rachat d'une partie de l'entreprise publique Fertial.

Villar Mir, à travers sa filiale Fertiberia, est engagé en Algérie dans la construction de l’usine d’ammoniac d’Arzew, dans le cadre d’un partenariat signé en 2007 avec la compagnie nationale Sonatrach pour un montant d’un milliard de dollars. En 2005, Fertiberia a pris une participation de 66% dans le capital d’Asmidal, filiale de Sonatrach qui a conduit à la création d’une joint-venture rebaptisée Fertial.

Un haut responsable algérien nommément cité

El Mundo révèle, par ailleurs, qu’une lettre de Cristobal Tomé, un intermédiaire notoire dans le milieu des affaires en Algérie qui a déjà révélé à la justice espagnole avoir payé des pots de vin à des responsables algériens pour l’obtention de contrats pour l’entreprise espagnole Elecnor-, cite une personnalité algérienne du nom « Zine Hachichi », présentée comme un responsable politique et militaire occupant des fonctions diverses dans les rouages de l’Etat (s’agit-il de l’ancien patron de la Gendarmerie nationale, le général Zine El Abidine Hachichi ?) Tomé aurait demandé à ce dernier d’organiser « une visite avec le ministre de l'Industrie et de l'Energie pour résoudre le problème Fertiberia ».

Cette énième affaire révélée à l’étranger confirme l’ampleur de la corruption au sein du secteur de l’énergie. La justice algérienne s’en saisira-t-elle ? Rien n’est moins sûr à en juger par son silence devant les révélations en Italie dans le cadre de l’affaire Saipem-Sonatrach.

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