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La présidente de la FGD Nabila Mounib présente un programme qui n'en est pas un

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La FGD propose un programme qui n'en est pas un | DR
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ÉLECTIONS - On s'attendait à un véritable programme alternatif, détaillant les propositions, les mesures, les engagements, un document qui détonnerait avec les programmes électoraux des autres partis politiques. En définitive, il s'agit plus d'un recueil de généralités et de phrases incantatoires.

Ce jeudi 22 septembre, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) a donc présenté, par la voix de sa présidente Nabila Mounib, son programme électoral. Le discours prononcé à cette occasion par Nabila Mounib a marqué les esprits, et son franc-parler n'a pas manqué d'être salué par la presse.

Venons-en au programme: 391 mesures déclinées sur 62 pages. Si vous vous demandez par quel miracle autant de propositions tiennent en si peu d'espace, la réponse est toute simple: la magie des généralités.

En plus des promesses --c'est le propre de tout programme électoral--, la FGD énonce plus de mots d'ordre que de mesures ("lever la totalité des barrières faisant obstacle au droit de création de partis politiques et d'associations"; "réviser les lois et les procédures régissant le fonctionnement du Parlement pour le renforcer et lui permettre de remplir son rôle de législation et de contrôle", pour n'en citer que deux).

Certes, la FGD est le seul bloc politique à avoir eu l'audace de proposer, dans son volet "réformes politiques et constitutionnelles", une révision de la Constitution, de manière à garantir une véritable séparation des pouvoirs, ainsi qu'un élargissement des prérogatives du gouvernement, dans l'optique de lui permettre d"exécuter le programme qu'il s'est engagé à réaliser vis-à-vis de ses électeurs", lit-on dans le programme.

Certes, la FGD est la seule à avoir préconisé le transfert de certaines prérogatives royales au gouvernement, dont celle de la nomination aux hautes-fonctions. Mais cela ne suffit pas pour faire un programme.

Qu'il s'agisse de la justice, de la diplomatie, de l'éducation, de l'enseignement ou de l'économie, le programme de la FGD pèche, pour rester poli, par son excès de simplicité. Ceci, au moment où même les partis les plus 'classiques' dans leur manière de faire la politique proposent désormais des programmes chiffrés, détaillés, où il n'est pas seulement question d'enchaîner les promesses, mais d'évaluer leur faisabilité, ainsi que les moyens de leur mise en oeuvre.

Le programme de la FGD est consultable ici.

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