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Enlèvement de bébés à Casablanca: Le dispositif de sécurité doit-il être revu?

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Enlèvement de bébés à Casablanca: Le dispositif de sécurité doit-il être revu? | DR
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HÔPITAUX - C'est toute une famille qui vit dans l'inquiétude depuis maintenant deux jours suite à un enlèvement qui s'est déroulé à Casablanca à l'hôpital d'enfants Abderrahim El Harouchi.

Tout a commencé lorsqu'une femme a été admise lundi 19 septembre à la maternité où elle a donné naissance à une fille, mardi à 00h40. Une fois toutes les formalités remplies, la famille a pu quitter l'établissement avec leur nourrisson le mercredi 21. La grand-mère qui tenait sa petite-fille dans les bras a alors été approchée par une femme se faisant passer pour une infirmière qui lui a affirmé que des examens supplémentaires devait être faits. Ce qu'a accepté la grand-mère en confiant le bébé à cette inconnue qu'elle pensait de bonne foi. Mais la femme en question a disparu avec l'enfant et la famille a alors réalisé que leur bébé venait d'être enlevé.

Les versions divergent à propos de cet incident. La famille de l’enfant affirme que le nouveau-né a été enlevé dans la maternité où la mère était alitée, mais l’administration de l’hôpital dit que le bébé a disparu dans le jardin de l’hôpital après la sortie de la maman et de son enfant.

Dans un communiqué publié par l'hôpital, il est indiqué que la police a été prévenue et que l'identité de la kidnappeuse était "inconnue". L'enquête suit toujours son cours à l'heure actuelle. Le père du bébé a déclaré que la maternité ne disposait pas de dispositif de surveillance.

Le travail des enquêteurs aurait sûrement été facilité par la présence de caméras de dans l'enceinte de l'établissement. Que l'enlèvement se soit passé à l'hôpital ou dans son jardin, l'étude de bandes d'enregistrement aurait éventuellement pu permettre de mettre un visage sur la kidnappeuse du bébé.

Longs à la détente

Autre fait surprenant, la direction de l'hôpital n'a fourni un communiqué que plusieurs heures après les faits. Or, les premiers instants qui suivent un kidnaping sont cruciales. Et aucune description de la kidnappeuse n'était donnée dans la mise au point de l'établissement. Impossible de déterminer son apparence, les vêtements qu'elle portait ou tout autre signe distinctif. Des informations qui auraient alors été communiquées par les médias qui ont parlé de cette affaire et qui auraient été vues par des centaines de milliers de lecteurs et de téléspectateurs.

Se pose alors la question de la mise en place au Maroc d'un dispositif permettant de diffuser une alerte sur plusieurs canaux en cas d'enlèvement sur un mineur. De tels systèmes existent déjà aux États-Unis et au Canada sous le nom d'Amber Alert ainsi qu'en France avec l'Alerte enlèvement. Ces dispositifs, mis en place quand l'enlèvement d'un mineur est avéré, permettent de toucher un maximum de personnes. Un message d'explication est diffusé à la télévision, comme le montre la vidéo ci-dessous qui correspond à une alerte enlèvement lancée en France en août 2015.

L'information est également reprise par les agences de presse, les radios, les sites internet. De plus, les panneaux d'affichage dans les gares informent les voyageurs de la mise en place du dispositif et les invitent à s'informer sur la situation. Il faut ajouter à cela les réseaux sociaux où les messages sont massivement partagés par les internautes.

La page Facebook officielle du dispositif français a compté à elle seule plus de 35.000 partages lors de la dernière alerte. Et c'est sans compter les partages qui ont été faits à partir des pages Facebook des médias français. Déclenché près d'une vingtaine de fois depuis sa création en France depuis 2006, le dispositif a permis à chaque fois de retrouver l'enfant qui avait enlevé. La plupart du temps dans les 24 heures qui ont suivi l'alerte, voire 40 minutes comme ici à Marseille le 28 août 2012.

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