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Élections au Maroc: Mohand Laenser présente le programme du Mouvement populaire

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Laenser reconnaît ne pas avoir de programme, mais plutôt une "vision" | AIC PRESS
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ÉLECTIONS - Il nous avait jusque-là habitué à des généralités dans la présentation de ses programmes électoraux. Pour le scrutin législatif du 7 octobre, le Mouvement populaire (MP) n'a encore une fois pas dérogé à la règle.

C'est le secrétaire général du parti et actuel président du Conseil de la Région de Meknès-Fès, Mohand Laenser, qui s'est acquitté de cette tâche, devant un amas de journalistes venus assister à la conférence de presse tenue dans ce sens, ce jeudi matin, dans un hôtel de Rabat.

Entouré de Essaïd Ameskane et Mohamed Serghini, tous deux membres du bureau politique du parti, Laenser a d'emblée reconnu ne pas avoir de programme pour les cinq prochaines années au gouvernement, mais plutôt une "vision" de ce que ses membres peuvent accomplir s'ils parviennent à être élus.

"Des hypothèses et des espoirs"

"Les programmes ne peuvent pas être chamboulés tous les cinq ans, il y a des bases qui sont invariables. On peut en revanche parler d'une approche, de solutions possibles et de la manière qu'on choisira pour les appliquer, c'est tout ce qu'on peut faire", a indiqué l'ancien ministre de l'Intérieur.

Même son de cloche du côté de Essaïd Ameskane, membre emblématique du MP ayant notamment été ministre des Transports dans le gouvernement Filali II (1995-1997): "D'un côté, il y a les objectifs du parti qui sont stables et de l'autre, il y a un programme électoral, on sait très bien que ce sont des hypothèses, des suppositions et des espoirs. Dans ce pays, on travaille annuellement sur une loi de finance pour voir quel serait le prix du baril de pétrole, quelle sera la conjoncture et est-ce qu'il va pleuvoir ou pas... tout cela se travaille sur l'année", explique-t-il au HuffPost Maroc.

Pour lui, "on ne peut pas parler d'un programme de cinq ans comme ça, sans qu'il n'y ait un espoir de pouvoir le réaliser. Il est courant qu'à la veille des élections, chaque parti présente un programme quelconque mais le vrai programme final sera celui de la coalition gouvernementale, après les élections".

Toujours est-il qu'il y a peu de chiffres sur les prévisions économiques du parti pour les cinq prochaines années, si ce n'est qu'il table par exemple sur un taux de croissance moyen de 5% pour la période 2017-2021, une dette publique de 60% du PIB au lieu de 81% actuellement, ou encore un taux de chômage de 8% au lieu des 10% actuels.

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Quatre priorités pour une vision

Le parti dit miser sur l'emploi, le développement dans le milieu rural, les services publiques dans les administrations et l'amazigh, sans pour autant proposer des mesures révolutionnaires dans ce sens.

"Notre programme a été élaboré autour de quatre grands axes. Le premier est la création d'emplois, mais on s'est également concentrés sur la justice dans les milieux ruraux, la transparence dans le public et l'enseignement avec notamment la généralisation de la langue amazighe dans les établissements publics, allant du primaire au supérieur", a détaillé Mohand Laenser.

Le parti, qui compte actuellement cinq ministres au gouvernement, n'a par ailleurs pas manqué de revenir sur le bilan de ces cinq dernières années. Un bilan qu'il juge "positif" malgré certaines "mauvaises décisions qu'on a prises comme la réforme de la caisse de compensation et du régime de retraite et qu'on assume", reconnaît-il avant de rappeler que le prochain gouvernement "sera également celui d'une coalition".

Le cas Lahcen Haddad

Le cas de Lahcen Haddad, qui a récemment claqué la porte du MP pour rejoindre le Parti de l'Istiqlal (PI), n'a pas manqué non plus d'être évoqué par la presse.

Pour rappel, dans une lettre adressée aux instances du MP datée du 14 septembre, l'actuel ministre du Tourisme annonçait sa démission d'Al Haraka, tout en expliquant les raisons qui ont motivé ce départ.

La première est relative à sa candidature au poste de secrétaire général du parti, en mai 2014, face à l'actuel patron du parti Mohand Laenser. Cette candidature a valu à Haddad d'être 'harcelé' et de faire l'objet d'"attaques contre sa personne au sein-même de ce parti (...) ce qui est indigne de son histoire", selon lui.

Mais Mohand Laenser n'entend pas les choses de la même oreille. Pour lui, "il n'était nullement question de pressions ou quoi que ce soit dans cette affaire. Quand il s'est présenté et qu'il a vu qu'il n'y avait pas de retours positifs de la part des adhérents, il s'est retiré".

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