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Éducation, santé, culture, parité: Les mesures-phares du programme du PPS

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Éducation, santé, culture, parité: Les mesures-phares du programme du PPS | MAP
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ÉLECTIONS - Lors d'une conférence qui s'est tenue hier à Rabat, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a présenté son programme électoral. Principalement axé sur le social, et s'inscrivant dans la continuité du travail mené par les ministres PPS dans le gouvernement, il s'articule autour de de plusieurs principes conducteurs, dont le renforcement de la justice sociale; l’inscription de la dimension écologique au cœur des politiques publiques; la mise en place d’une gouvernance démocratique basée sur la redevabilité.

"Le gouvernement sortant, aura l’obligation de présenter devant les électeurs son bilan, conformément au principe de redevabilité énoncée par la Constitution", annonce, d'entrée de jeu, le PPS dans son programme. "Le PPS, qui fait partie de la majorité suite à une décision prise souverainement par ses instances, défendra le bilan du gouvernement en général et des portefeuilles dont il avait la charge en particulier", lit-on dans le programme du parti.

L'école de l'égalité des chances

Le volet éducation-formation se fixe pour objectif de "construire l’école de l’égalité des chances. Cela suppose une école généralisée gratuite et obligatoire de 3 à 15 ans, une réduction significative des déperditions scolaires d’au moins 50 % grâce à l’adoption d’un enseignement individualisé d’appui aux élèves en difficulté, un accompagnement matériel des élèves, notamment les plus démunis", selon le programme du parti.

Pour asseoir une école de qualité, le PPS plaide pour "une refonte des curricula et des manuels scolaires en conformité avec les orientations de la Charte Nationale et des valeurs universelles de respect des droits humains, de tolérance ,de citoyenneté et d’éthique; l’adoption de méthodes didactiques nouvelles contribuant à l’acquisition de capacités d’analyse, de synthèse, de résolution de problèmes, et participant à l’autonomie des apprenants, à l’éveil critique et à l’auto-apprentissage; une grande priorité accordée à l’enseignement des langues étrangères, à côté des langues nationales".

Le parti présidé par Nabil Benabdellah souhaite également "développer l’enseignement public et revaloriser l’école publique dont le rôle est irremplaçable et qui accueille l’écrasante majorité des élèves de toutes conditions", et considère "l’enseignement privé comme un partenaire complémentaire de l’enseignement public qui ne doit pas fonctionner sur la base du seul critère de rentabilité. Ceci suppose que l’enseignement privé doit être partie prenante dans la réalisation des objectifs d’équité et de généralisation". Dans ce sens, l'enseignement privé est appelé à "observer les principes du service public, et notamment le principe d’accessibilité et d’égalité des chances", à "s’impliquer dans l’effort de solidarité sociale au niveau de l’enseignement et la formation des enfants de familles pauvres, des enfants en situation de handicap" et à "s’engager à avoir ses propres cadres pédagogiques".

Enseignement supérieur: Pour un crédit impôt recherche

"L’université marocaine est appelée à accompagner les transformations d’envergure que connait notre pays sur les plans économique social et culturel. Elle doit relever les défis de la compétitivité et de la mondialisation dans le respect de la liberté intellectuelle et académique", relève le PPS dans son programme. Pour faire jouer à l’université le rôle qui lui est dévolu, le PPS propose, entre autres, de "créer dans chaque région un complexe universitaire intégré; résorber dans l’immédiat le déficit des enseignants suite au départ massif à la retraite, par un recours à la contractualisation avec des enseignants chercheurs déjà à la retraite; anticiper sur les besoins futurs en créant un cadre d’assistants permettant d’attirer les meilleurs éléments détendeurs du Master et diplômes d’ingénieur; faciliter la circulation et la mobilité nationale et internationale pour encourager la recherche – développement et l’innovation", et d'instaurer "un système d’évaluation externe des enseignants chercheurs". Pour promouvoir la recherche scientifique, le PPS préconise "l’encouragement des entreprises à la participation aux projets de recherche-développement (crédit impôt recherche) et l’incitation au regroupement des universités et des entreprises autour de projets nationaux ou régionaux avec une augmentation du budget consacré à la recherche scientifique à au moins 1,5% du budget général".

Santé: Encourager le médicament générique et porter le budget de la santé à 10%

"L’ampleur des besoins et les attentes des Marocains, en constante évolution, impose d’aller plus loin dans les réformes structurelles, l’amélioration des prestations et de gouvernance du secteur" de la santé, relève le PPS. Dans ce sens, le parti propose d’axer la stratégie sanitaire pour la prochaine période 2017-2021 sur plusieurs objectifs, dont celui de porter le budget du ministère de la santé à 8 % du budget général puis à 10 % à l’horizon 2020. Le PPS souhaite également "parachever la couverture médicale universelle et élargir les progrès réalisés en matière de RAMED et d’AMO par la mise en œuvre progressive de la loi relative à la couverture médicale des indépendants; la mise en place d’une structure indépendante de gestion du RAMED, en lui assurant un financement pérenne; l'élargissement de l’accès aux soins et atténuer les disparités et inégalités entre les villes et le monde rural, notamment à travers la généralisation des plans régionaux de développement de l’offre de soins dès 2017, la mise à niveau des hôpitaux publics et la réforme du système des soins de santé de base en accordant la priorité aux couches et régions à fort déficit". Le PPS compte aussi "poursuivre et élargir la mise en œuvre de la politique du médicament, par la poursuite de l’effort de baisse des prix, d’encouragement du générique et de sa production locale et le développement de la pharmacie hospitalière".

Logement: Réduire le déficit en logement et développer le logement social

Pour le parti dirigé par Nabil Benabdellah, "le droit au logement est un droit essentiel, caractérisant le droit à une vie digne pour l’ensemble des Marocains. Il s’agit de poursuivre et approfondir la dynamique enclenchée pour répondre à la demande sociale". Plusieurs orientations et mesures sont donc mises en avant dans le programme du parti, notamment la poursuite des efforts pour réduire le déficit en logement de 400.000 à 200.000 logements à l’horizon 2020; l'amplification des "chantiers de lutte contre la prolifération de l’habitat insalubre et pour l’amélioration des conditions de vie des populations, ce qui suppose l’activation des programmes nationaux tels Villes sans bidonvilles; Lutte contre l’habitat non réglementaire ;Habitat menaçant ruine par l’opérationnalisation de l’agence dédiée à la rénovation urbaine et à la réhabilitation des constructions menaçant ruine"

Le PPS souhaite également "mobiliser le foncier au projet des programmes d’habitat intégrés (3500ha/an) à mettre à la disposition des opérateurs publics et privés", et "diversifier et intensifier l’offre en logement par la mise sur le marché d’un nouveau produit incluant les conditions du dispositif du logement social (à 250.000 DH) et celui de la classe moyenne, ainsi que par la mobilisation de tous les moyens pour répondre aux besoins des couches fragiles financièrement en renforçant la mixité dans les projets dans les grandes villes et en favorisant les logements évolutifs dans les périphéries et les petites villes".

Pour dynamiser le logement destiné à la classe moyenne, des mesures incitatives sont proposées, telles que la mise à disposition du foncier public et des facilités urbanistiques. Le PPS propose aussi de "développer une véritable démarche qualitative des projets d’habitat intégrant les exigences de durabilité et de cohérence urbaine et environnementale (efficacité, énergétique, apport ses équipements de proximité, charte architecturale)".

Parité: Encourager l'auto-emploi féminin et traquer les discriminations

Pour renforcer la parité, il s’agit, pour le parti de Benabdellah "de s’appuyer sur la consécration constitutionnelle des principes d’égalité et de parité, de la dynamisation de l’instance pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, les avancées législatives dans plusieurs domaines".

Dans ce sens, le PPS propose de "renforcer la représentation féminine dans toutes les assemblées élues pour aller effectivement vers 1/3 puis la parité", ainsi que de "renforcer l’intégration économique des femmes en renforçant leur taux d’activité: en plus des actions en amont pour généraliser la scolarisation des petites filles et encourager leur orientation vers les métiers qualifiés, il s’agira d'encourager la création de coopératives féminines en particulier dans les domaines liés à l’économie sociale et solidaire et permettre l’accès au financement (micro-crédit, caisse de garantie …), renforcer les capacités de gestion des coopératives et la mutualisation des moyens, appuyer la recherche de débouchés; encourager l’auto-emploi, l’auto-entreprenariat féminin par des mesures incitatives pour aller vers l’égalité des chances et l’égalité en matière d’accès aux ressources: propriété foncière, accès au crédit".

Les autres mesures proposées dans ce volet sont la "traque systématique de toute discrimination en milieu professionnel", et la mise en place des conditions "pour une mise en œuvre effective des dispositions légales du code de la famille, du code de la nationalité, de la loi contre les violences faites aux femmes notamment par la mise en place et le renforcement de l’assistance au sein des tribunaux, la féminisation progressive de certains corps tels la magistrature, la sûreté nationale, l’inspection du travail, ainsi qu’une vaste action de formation, sensibilisation aux droits des femmes et à l’égalité".

Pour le PPS, il est nécessaire de "développer de de façon effective à tous les niveaux (programmes gouvernementaux projets de développement, plans communaux ou régionaux) une approche genre", ainsi que de "valoriser économiquement et socialement, le travail des femmes, en particulier la femme rurale et le statut d’aides familiales". Il est également question d'"assurer un revenu minimal aux femmes en situation de vulnérabilité à travers le fonds de cohésion sociale tout en revalorisant les pensions de réversion".

Culture: Impliquer le privé et porter le budget culture à 1%

Le PPS ambitionne de porter, à court terme, le budget consacré à la culture à 0.5% avec la perspective de le porter à 1%, et souhaite "concrétiser le droit à la culture, à travers notamment une politique de généralisation de la couverture territoriale en équipements culturels de proximité (centres culturels, bibliothèques et médiathèques, conservatoires de musique, salles de théâtre, ateliers d’arts); une programmation culturelle et artistique de qualité, adaptée aux différents publics; le renforcement de l’enseignement artistique, en particulier dans l’enseignement scolaire ; l’encouragement des pratiques culturelles les plus diverses en particulier chez les jeunes".

Le parti du livre s'engage à "renforcer le fonds de soutien à la création artistique, dans le cadre des plans nationaux de soutien à l’édition et au livre, au théâtre et à la production audiovisuelle, à la musique et aux arts chorégraphiques, aux arts plastiques et visuels, et aux associations et manifestations culturelles", et à mettre en œuvre les dispositions des "lois garantissant les droits économiques et sociaux des artistes et des métiers artistiques (artistes et métiers artistiques, indépendants, auto-entrepreneurs, droits d’auteurs)".

Autre mesure-phare du programme du PPS pour la culture, l'élaboration et la mise en œuvre d'"un plan ambitieux, mobilisant ressources publiques et privées et mettant en place les leviers juridiques, pour la protection et la valorisation du patrimoine culturel, matériel et immatériel et développer une économie du patrimoine, pôle de création de richesses et de développement territorial".

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