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Avant l'élection présidentielle, une majorité d'Américains estiment qu'être intolérant n'est pas condamnable

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Pour une majorité d'Américains, être intolérant n'est pas condamnable | AP
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ÉTATS-UNIS - Quand Hillary Clinton a déclaré que la moitié des partisans de Donald Trump étaient "déplorables", la plupart des observateurs ont tenté d’établir le pourcentage exact de personnes intolérantes chez ceux qui s’apprêtent à voter pour le candidat républicain.

Mais cette remarque, que Clinton s’est empressée de minimiser, soulève également une question plus basique, et bien plus gênante: une personne qui défend un point de vue détestable est-elle elle-même détestable?

La candidate démocrate a dit de ces électeurs "déplorables" qu’ils étaient "racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes, tout ce que vous voulez." Un nouveau sondage HuffPost/YouGov a donc demandé aux Américains ce qu’ils pensaient de ceux qui ont une mauvaise opinion des musulmans, des personnes noires ou gay, des femmes, des immigrés. Sont-ils détestables, bourrés de préjugés mais pas nécessairement détestables, ou bien ni l’un ni l’autre?

Les résultats de cette enquête montrent que les personnes interrogées rechignent à condamner sans appel celles qui font preuve d'intolérance. La plupart ont répondu que le fait d'éprouver de l'aversion pour une ethnie entière, une religion, un genre ou une quelconque communauté était un signe d'intolérance, mais que cela ne faisait pas de vous quelqu'un de mauvais pour autant.

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Cette opinion est généralement partagée, quel que soit l’âge de la personne interrogée, avec plus ou moins de véhémence: moins de 30% des personnes d’un groupe donné (âge, ethnie, genre ou affiliation politique) condamnent sans détour ce genre d’opinions.

Les personnes noires disent plus systématiquement que les personnes blanches que les a priori sont un signe d‘intolérance, même si une majorité refusent de condamner ce genre d’attitude. Quelque 26% des participants noirs disent que les gens qui ont une mauvaise opinion de la population noire sont xénophobes, contre 10% à peine des participants blancs. Les personnes noires condamnent également plus fermement l’islamophobie, l’homophobie et la misogynie que les personnes blanches.

En ce qui concerne l’homophobie, l’âge est déterminant. Quelque 18% des moins de 30 ans (et seulement 4% des plus de 65 ans) pensent qu’elle est condamnable. Les Américains les plus jeunes sont également beaucoup plus enclins à la dénoncer que leurs aînés (12 points de pourcentage séparent les deux groupes).

Démocrates et républicains expriment des opinions assez similaires vis-à-vis de ceux qui n’aiment pas leurs compatriotes noirs. En revanche, si la plupart des démocrates estiment que l’islamophobie est parfois condamnable, la majorité des républicains ne pensent même pas qu’elle est le signe d’un comportement xénophobe. Enfin, une majorité de démocrates et d’indépendants jugent que la misogynie, la xénophobie et l’homophobie sont condamnables, tandis que les républicains sont également divisés sur la question.

Ce sondage HuffPost/YouGov a été réalisé les 14 et 15 septembre auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 Américains âgés de 18 ans ou plus.

Le Huffington Post s’est associé à YouGov pour mener des sondages d’opinion quotidiens. Les données de tous les sondages HuffPost/YouGov sont disponibles ici. La méthodologie employée est décrite ici.

Cet article, publié à l’origine sur le Huffington Post américain, a été traduit par Bamiyan Shiff pour Fast for Word.

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