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Le ministère de la Santé tire la sonnette d'alarme: l'Algérien consomme trois fois plus de sucre par rapport aux normes internationales

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SUGAR
Sugar being poured into tea cup, close-up | Diamond Sky Images via Getty Images
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Le constat est inquiétant : les Algériens consomment trois fois plus de sucre et de matières grasses par rapport aux normes internationales, selon une étude du ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière. Lors d'une rencontre avec les associations de protection du consommateur, mardi 20 septembre à Alger, Bakhti Belaïb a tiré la sonnette d'alarme, estimant que la réduction de la consommation de ces matières devenait une question "urgente".

Le ministre du Commerce intervenait lors d'une rencontre avec les associations de protection du consommateur et des représentants du ministère de la Santé, consacrée à la présentation de l'arrêté ministériel sur l'étiquetage nutritionnel.

Lors de son intervention, M. Belaïb a vite souligné "le déficit" accusé par l'Algérie en matière de normes régissant la consommation du sucre, du sel et des matières grasses dans les produits alimentaires. "Notre déficit en matière de normalisation est considérable", avertit-il.

"Nous consommons des produits avec un excès de sucre ou de sel ou de matières grasses) qui dépasse les normes admises à l'échelle mondiale", a fait remarquer M. Belaïb, citant, une fois de plus, le taux très élevé de sucre dans les boissons en Algérie.

Il a, pour confirmer ses dires, fait savoir que l'Algérien consomme trois fois plus de sucre et de matières grasses par rapport à ces normes. Il se référait à une étude réalisée par le ministère de la Santé, et présentait hier par sa représentante Djamila Nadir.

Le ministère du Commerce oeuvre toutefois à l'adoption des normes internationales en matière de consommation du sucre. "Nous travaillons à ramener ces ingrédients aux normes internationales", a confirmé de son côté le Directeur général de la régulation et de l'organisation des activités au ministère, Abdelaziz Ait Aberrahmane, relayé par l'APS.

Entre 12 et 15% de la population diabétique

Lors de cette rencontre, M. Belaïb et Ait Abderrahmane, qui ont détaillé le contenu du nouveau arrêté ministériel sur l'étiquetage nutritionnel, ont également annoncé qu'un décret encadrant cette activité est en cours d'élaboration. Il a rajouté que des campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs doivent également être organisées, car les Algériens "sont souvent inconscients des dangers" de la consommation excessive du sucre, entre autres.

"La protection de la santé et de l'économie nationales dépend très largement des normes que nous pouvons instituer pour se rattraper", a-t-il expliqué. D'ailleurs, selon la représentante du ministère de la Santé, Djamila Nadir, relayée par le quotidien Le Soir, "entre 12% et 15% de la population algérienne est diabétique, 26% souffrent de l’hypertension et un nombre élevé de cancéreux".

"Le non-respect du dosage dans la fabrication des produits alimentaires est dans leur quasi-totalité à l’origine des maladies chroniques en Algérie, soit le cancer, le diabète et les maladies cardio- vasculaires", a-t-elle poursuivi.

Elle a appelé également à "agir pour lutter contre ses fléaux", prônant la mise en place de l’étiquetage des produits alimentaires". Djamila Nadir a surtout insisté sur le "respect, de la sévérité dans le contrôle de la qualité et de la supervision du processus de délivrance des autorisations de création des laboratoires de contrôle de qualité, notamment ceux liés aux producteurs".

Par ailleurs, le directeur de la qualité et de la consommation au ministère du Commerce Sami Koli, relayé par l'APS, a détaillé quelques éléments du nouvel arrêté relatif à l'étiquetage nutritionnel. Il a fait savoir que l'indication de la valeur nutritive doit être portée à la connaissance du consommateur et concerne que les aliments préemballés.

Les déclarations nutritionnelles obligatoires concerneront la valeur énergétique et les quantités de protéines, de glucides, de sucres totaux, de lipides, de graisses saturées et de sel.

Selon M. Koli le projet de texte permettra de fournir au consommateur des renseignements fiables et précis sur une denrées alimentaires afin qu'il puisse faire son choix de manière raisonnée et éclairée.

Le texte encourage également le respect des bons principes nutritionnels dans la composition d'alimentations bénéfiques pour la santé, conclut-il.

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