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L'absentéisme des professeurs d'école primaire coûte 1,2 milliard de dirhams au Maroc

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SCHOOL MOROCCO
Schoolchildren listen to a teacher as they study during a class in the Oudaya primary school in Rabat, September 15, 2015, at the start of the new school year in Morocco. Nearly three years after Taliban gunmen shot Pakistani schoolgirl Malala Yousafzai, the teenage activist last week urged world leaders gathered in New York to help millions more children go to school. World Teachers' Day falls on 5 October, a Unesco initiative highlighting the work of educators struggling to teach children amid | Youssef Boudlal / Reuters
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ÉDUCATION - 120 millions de dollars, soit environ 1,2 milliard de dirhams et 0,1% du PIB du royaume. C'est ce que coûte, chaque année au Maroc, l'absentéisme des professeurs d'école primaire, estimé à 7,5% selon un récent rapport de la Commission internationale sur le financement des opportunités d'éducation dans le monde.

Ce rapport, intitulé "Génération d'apprenants: Investir dans l'éducation pour un monde changeant", a été remis au Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon le 18 septembre. Ce dernier a indiqué que "la communauté internationale devait être prête à soutenir les pays qui s'engagent à faire les réformes et les investissements nécessaires pour transformer leurs systèmes éducatifs".

Le rapport, qui se base notamment sur quatre études menées dans des écoles primaires de 17 pays à revenus faibles ou intermédiaires, dont le Maroc, dresse un tableau peu glorieux du coût de l'absentéisme des professeurs dans ces pays. "En moyenne, près de 20% du temps d'enseignement est perdu chaque année en raison de facteurs entraînant l'absentéisme des enseignants", note la Commission.

Mauvaise gestion

Augmenter le nombre d'heures d'enseignement est pourtant "l'un des moyens les plus efficaces pour améliorer l'apprentissage", rappelle-t-elle. "Mais les enseignants sont trop souvent absents parce qu'ils sont tenus d'accomplir des tâches non pédagogiques (telles que la collecte de fonds ou des tâches administratives), parce qu'ils ont besoin de voyager pour recevoir leur paie ou assister à des formations qui auraient pu être données sur localement, ou parce qu'ils doivent faire face à une mauvaise gestion ou à une supervision inexistante", ajoute la Commission.

Le rapport note également que, du point de vue des professeurs, 53% des jeunes marocains ont reçu un enseignement adéquat pour entrer sur le marché du travail. Du point de vue des employeurs, seuls 20% des Marocains diplômés embauchés étaient bien préparés pour entrer sur le marché du travail.

Selon les prévisions de la commission, d'ici à 2030, si les tendances actuelles se poursuivent, seulement quatre enfants sur dix en âge d'aller à l'école dans les pays à faibles et moyens revenus seront en voie d'acquérir des compétences basiques de niveau du secondaire. Aujourd'hui, plus de 250 millions d'enfants en âge d'être scolarisés ne vont pas à l'école dans le monde.

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