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A New York, le Maroc s'engage à protéger les droits des migrants et réfugiés

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REFUGEES MOROCCO
Des migrants africains tentent de traverser la frontière entre le Maroc et l'Espagne, dans l'enclave de Melilla, 2014. | Jesus Blasco De Avellaneda / Reuters
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MIGRATIONS - Le Maroc a pris part, lundi 19 septembre, au Sommet sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés et migrants, organisé en marge de la 71e assemblée générale de l'ONU à New York.

L'événement s'est conclu par l'adoption d'une Déclaration par tous les États membres, qui vise à "sauver des vies et partager la responsabilité du soutien et de l'accueil des réfugiés et migrants", note l'ONU dans un communiqué.

Deux pactes mondiaux prévus

Les pays s'engagent ainsi à garantir un certain nombre de droits aux migrants et réfugiés. Ils doivent par exemple veiller à ce que les enfants reçoivent une éducation dans les mois suivant leur arrivée, prévenir et répondre à la violence sexuelle et sexiste, soutenir les pays secourant, recevant et accueillant un grand nombre de réfugiés et de migrants, condamner la xénophobie ou encore améliorer la distribution de l'aide humanitaire et de l'aide au développement pour les pays les plus touchés.

En adoptant la Déclaration de New York, les États membres s’engagent aussi à entamer des négociations pour l'adoption d'un "pacte mondial pour la migration sûre, ordonnée et régulière" en 2018.

Ils devront également élaborer des lignes directrices sur le traitement des migrants en situation vulnérable, et parvenir à un partage plus équitable de la charge et la responsabilité de l'accueil et du soutien des réfugiés dans le monde en adoptant un pacte mondial sur les réfugiés en 2018, poursuit l'ONU dans son communiqué.

Plus de 23.000 migrants régularisés depuis 2013

A l'occasion de ce sommet, le ministre chargé des Marocains résidant à l'étranger et des Affaires de la migration, Anis Birou, qui représentait le royaume, a évoqué la politique migratoire marocaine lancée en 2013. Le Maroc, traditionnel pays de transit des migrants, tend en effet de plus en plus à devenir un pays d'accueil.

Il a ainsi rappelé l’adoption, par le Maroc, "d’une approche globale, avec une responsabilité partagée, une gouvernance internationale et régionale", rappelant qu'il fallait "considérer la dimension humaine comme essentielle à toute politique migratoire". "L’approche sécuritaire seule ne peut être suffisante pour résoudre cette problématique", a-t-il ajouté, indiquant "qu’il n’est plus possible d’accepter que des migrants et réfugiés vivent dans des conditions inhumaines".

En trois ans, le Maroc a régularisé plus de 23.000 migrants sans papiers originaires de 112 pays, parmi lesquels une majorité de Syriens (23%), mais aussi de Sénégalais, Congolais et Ivoiriens. Par ailleurs, plus de 7.000 enfants de migrants et réfugiés ont obtenu un soutien pour la scolarisation, a indiqué Anis Birou.

Chantier législatif

Reste encore à finaliser le cadre législatif pour gérer ces flux de migrants et donner un statut aux réfugiés et demandeurs d'asile. Car plus de 6.300 personnes sont enregistrées auprès du bureau marocain du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), dont plus de 2.000 demandeurs d'asile et plus de 4.000 personnes ayant besoin d'une protection internationale.

Le représentant du HCR à Rabat, Jean-Paul Cavaliéri, avait ainsi estimé la semaine dernière lors d'une conférence de presse que l'adoption de la loi sur le droit d'asile, toujours dans les tiroirs du ministère des MRE et des Affaires de la migration, ne devait plus traîner davantage.

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