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L'erreur dans le livre de géographie est une "défaillance technique" pas "un complot"

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Après avoir assumé sa "pleine responsabilité dans l'erreur involontaire" commise dans le livre scolaire de géographie, Hamidou Messaoudi, Directeur général de l'Entreprise nationale des Arts graphiques (ENAG) a indiqué lundi 19 septembre à Alger que cette erreur relevait d'une défaillance technique involontaire, et non d'un "complot".

"L'erreur qui s'est glissée dans la page 65 du livre de géographie de première année moyenne relève d'une défaillance technique et non d'un complot" , a-t-il soutenu dans une conférence de presse organisée par le ministère de l'Education nationale avec les parties en charge de la confection du manuel scolaire écartant "toute intervention occulte".

M. Messaoudi a expliqué que le groupe de travail qui a supervisé la confection du livre était composé d'enseignants et d'inspecteurs nationaux. Il a réitéré ses excuses au peuple algérien et au peuple palestinien frère pour cette ellipse indélibérée de l'Etat de Palestine de la carte.

Il a expliqué que l'erreur a été commise au niveau de l'impression et que l'infographe a eu recours à une carte faisant mention à l'entité sioniste au lieu de reproduire faisant référence à l'Etat de Palestine.

Il n'y a pas eu de changement du nom de l'Etat de Palestine par celui d'Israël, a-t-il insisté. Cette erreur a été corrigée dans les 24 heures, a poursuivi le responsable précisant que la carte erronée de la page 65 a été carrément remplacée par la bonne carte. L'opération de rectification a coûté 400.000 Dinars à l'Enag qui relève du ministère de la culture.

Pour sa part, l'inspecteur général de l'éducation au ministère de l'éducation nationale Nedjadi Messeguem a mis en avant les risques découlant de l'impression sur les sites d'Internet. Il a assuré à son tour que l'erreur sur le livre de géographie était une défaillance technique.

Pour le ministère, cette page remplacée ne constitue pas une entrave mais une opportunité pour les enseignants et les inspecteurs de l'éducation de corriger les erreurs et d'inculquer aux élèves les positions fermes de l'Algérie à l'égard de la cause palestinienne, a-t-il soutenu.

Dans cette optique, Meziane Meriane, président du Snapest, avait prôné de "prendre des stylos et d’effacer le nom d’Israël sur la carte qui se trouve à la page 65 et d’écrire "Etat de Palestine" à la place". Critiquant le retrait très coûteux de ces manuels, il a estimé que cette procédure aurait permis de "donner un cours unique unifié dans toutes les écoles du pays où les enseignants des matières histoire et géographie auraient expliqué aux élèves ce qu’est Al-Qods, la Palestinien, le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne".

Nedjadi Messeguem a annoncé que le ministère lancera une campagne en direction des élèves sur la dangerosité des messages passés a travers les réseaux sociaux ainsi que celle du recours au sites Internet pour leur recherches.

Concernant l'enquête ouverte par le ministère de l'éducation, il a fait savoir qu'elle suivait son cours et que le ministère mettra en place à l'avenir une commission pour le suivi de la confection des livres scolaires.

Le livre de classification ethnique ne concerne pas la Tutelle

L'inspecteur général de l'éducation au ministère de l'éducation nationale a rajouté que le livre parascolaire contenant une classification ethnique des Algérien ne concerne pas le ministère. Il a indiqué qu'il s'agissait d'un manuel "parascolaire édité par les éditions Houma. Le ministère de l'éducation nationale n'était pas informé de l'édition de ce livre car elle relevait d'autres institutions".

Le marché du livre parascolaire demeure marquée par "l'anarchie", d'où la nécessité de promulguer un décret exécutif par les ministères de l'Education nationale et de la Culture, en vue d'organiser ce marché et de contrôler le livre parascolaire.

Au sujet de l'exploitation du document du referendum d'autodétermination sur la page 112 du manuel de l'éducation civile de la première année moyenne, l'inspecteur de l'éducation civile chargé de l'élaboration de ce manuel scolaire, Bensghir Smail a dit que "cet ordre chronologique intervient après que l'élève eut reçu des enseignements sur la fondation de l'Etat algérien, les sacrifices des martyrs et la création du gouvernement provisoire de la République Algérienne-GPRA" et n'était pas anodin.

"On ne peut pas isoler le sujet enseigné de son contexte", a-t-il estimé, soulignant que ce referendum était dans l'intérêt du GPRA et contre celui de la France", a-t-il dit.

S'agissant des erreurs contenues dans les cartes géographiques, notamment la non délimitation des frontières entre le Maroc et le Sahara Occidental et la division du Soudan toujours dans le livre de géographie de la 1ere année moyenne, l'inspecteur chargé de l'élaboration de ce livre, Lakhdar Terrafi a indiqué que les lignes délimitant ces frontières ont été tracées mais elles étaient tellement fines qu'elles n'étaient pas visibles sur certains exemplaires".

Concernant certains textes relayées par certains réseaux sociaux dont certains poèmes dans le livre de littérature arabe et des illustrations sur le manuel de sciences naturelles qualifiées d'immorales, l'inspecteur de langue arabe chargé de l'élaboration du manuel de cette matière pour les élèves de 1ere année moyenne, Mahfoud Kahouel a affirmé que près de 80% des textes contenus dans ce manuel sont tirés de livres écrits par des auteurs algériens.

L'inspecteur chargé de l'élaboration du livre de sciences naturelles de la 1ere année moyenne, Ali Hamidou a quant à lui dit que "l'enseignement de l'éducation sexuelle aux élèves à un jeune age "est une bonne chose et non le contraire", et qu'il était conforme à la loi d'orientation de l'éducation nationale.

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